Présentation
Le temple Fengxue est un monastère bouddhique établi sur les pentes du mont Fengxue, au nord-est de Ruzhou, au Henan. Il porte aussi les noms de Baiyun et Qianfeng[1]. Sa fondation est diversement datée : des inscriptions Ming la font remonter aux Wei du Nord, d’autres textes aux Sui ou aux Tang. Le maître Zhen pratiquait déjà sur cette montagne sous les Tang ; son inscription de pagode fut érigée en 738, vingt-sixième année de Kaiyuan. Sous les Cinq Dynasties, une famine dispersa les moines, laissant statues, cloches et tambours auprès de quelques chaumières à flanc de montagne.
En 931, deuxième année de Changxing des Tang postérieurs, le maître Yanzhao arriva à Ruzhou. Interrogeant un paysan sur les chaumières, il apprit qu’il s’agissait de l’ancien temple Fengxue. Le paysan accepta qu’il y demeure. Pendant sept ans, il vécut seul, mendiant dans les villages le jour et brûlant de la résine de pin pour s’éclairer la nuit. Fonctionnaires, religieux et habitants l’invitèrent ensuite à enseigner publiquement. Des troubles armés le forcèrent cependant à partir avec sa communauté pour Yingzhou.
Après les combats, un habitant de Ruzhou connu comme le grand précepteur Song donna sa résidence pour en faire un monastère et invita Yanzhao à revenir le diriger. En 951, première année de Guangshun des Zhou postérieurs, la cour donna à ce nouvel établissement le nom de Guanghui. Yanzhao y demeura vingt-deux ans, généralement entouré de plus de cent moines. Le Recueil des cinq lampes parle du nouveau monastère, le distinguant de l’ancien temple montagnard où il avait vécu.
En 1125, septième année de Xuanhe des Song du Nord, un pavillon de la Cloche fut ajouté parmi les salles et galeries du monastère ; une grande cloche de fer fut fondue la même année. La salle centrale du Bouddha, d’époque Jin, se trouve dans l’enceinte, devant la salle de Vairocana. Cet édifice en bois compte trois travées de largeur et trois de profondeur ; son toit à un seul niveau d’avant-toit est couvert de tuiles cylindriques grises.
Sous les Yuan, des pagodes funéraires furent bâties autour du temple pour honorer d’éminents moines. Celle du maître Songqi Hui fut élevée dans la nécropole supérieure en 1280, dix-septième année de Zhiyuan. Hexagonale et haute de quatre étages, elle reproduit en brique une tour de bois : des reliefs sous chaque avant-toit imitent la charpente, tandis que portes, fenêtres et réseaux géométriques ornent le premier niveau. En 1342, deuxième année de Zhizheng, la pagode du maître Zhao fut reconstruite dans la nécropole inférieure en mémoire de Yanzhao, qui avait vécu et enseigné dans le monastère.
En 1475, onzième année de Chenghua des Ming, l’ancienne salle de Vairocana était délabrée. L’abbé Yuanzheng entreprit sa reconstruction avec ses disciples, mais mourut avant l’achèvement. Qingxiu, son maître Manwei et le moine Qingliu poursuivirent les travaux ; Jingshu et d’autres religieux recueillirent des dons avec des notables locaux dont Wang Fushan. La salle fut enfin achevée en 1507, deuxième année de Zhengde, trente-deux ans après le début du chantier. Haute et spacieuse, elle s’élevait devant l’ancienne salle d’enseignement du lettré confucéen Li Xing, portait le nom Vairocana et abritait six statues assises et debout. Deux générations de disciples avaient mené à terme l’entreprise de Yuanzheng.
Les moines demandèrent alors un récit commémoratif à Li Xing, qui avait enseigné au temple. Sheng Rui, fils de son condisciple de concours[2], lui écrivit ; Qingxiu parcourut deux fois cent li pour insister. En 1509, quatrième année de Zhengde, Li rédigea la Notice de la salle de Vairocana, admirant ce travail accumulé du maître aux petits-disciples. Il louait les moines, leur attention constante, leur refus d’un achèvement bâclé ou d’un succès immédiat, et leur fidélité durant des décennies au souhait de leurs prédécesseurs. Il songeait ainsi aux confucéens qui méditaient les sages en privé et croyaient les comprendre, mais manquaient de résolution et de constance dans leurs fonctions et ne parlaient que d’avantages immédiats. En célébrant le chantier, il exprimait sa honte de voir sa propre doctrine si difficile à appliquer, puis posait son pinceau en soupirant trois fois.
La pagode du Septième Patriarche, la salle centrale du Bouddha et la salle de Vairocana subsistent dans le temple. Endommagé et reconstruit à différentes époques, le pavillon conserve la cloche de fer de 1125 ; les nécropoles environnantes abritent encore des pagodes commémoratives Yuan.
Documents historiques
Notes du ruisseau des rêves
解州盐泽之南,秋夏间多大风,谓之盐南风。其势发屋拔木,几欲动地。然东与南皆不过中条,西不过席张铺,北不过鸣条,纵广止于数十里之间。解盐不得,此风不冰。盖大卤之气相感,莫知其然也。又汝南亦多大风,虽不及盐南之厉,然亦甚于他处,不知缘何如此。或云:自城北风穴山中出,今所谓风穴者已夷矣,而汝南自若,了知非有穴也。方谚云:汝州风,许州葱。其来素矣。
Au sud du lac salé de Jiezhou, de forts vents soufflent en été et en automne, dits vents du sud du sel. Ils arrachent toits et arbres, presque à ébranler la terre. Pourtant ils ne dépassent ni Zhongtiao à l’est et au sud, ni Xizhangpu à l’ouest, ni Mingtiao au nord : quelques dizaines de li seulement. Sans eux, le sel de Jie ne cristallise pas. Peut-être les souffles du grand marais salé s’influencent-ils ; nul ne sait pourquoi. Runan connaît aussi des vents plus forts qu’ailleurs, quoique moins violents. On les dit issus du mont Fengxue au nord de la ville. Mais la prétendue cavité a été nivelée et les vents demeurent : une cavité n’en est donc pas la cause. Le dicton « vent de Ruzhou, ciboules de Xuzhou » est ancien.
Recueil des cinq lampes
汝州风穴延沼禅师,余杭刘氏子。幼不茹荤,习儒典,应进士,一举不遂,乃出家,依本州开元寺智恭披削受具,习天台止观。年二十五,谒镜清。清问:近离甚处?师曰:自离东来。清曰:还过小江也无?师曰:大舸独飘空,小江无可济。清曰:镜水秦山,鸟飞不度子,莫道听途言。师曰:沧𬈑尚怯艨䑳势,列汉飞帆渡五湖。清竖拂子曰:争柰这个何?师曰:这个是甚么?清曰:果然不识。师曰:出没卷舒,与师同用。清曰:杓卜听虚声,熟睡饶𬤛语。师曰:泽广藏山,理能伏豹。清曰:舍罪放愆,速须出去。师曰:出去即失。便出。到法堂,乃曰:夫行脚人,因缘未尽其善,不可便休去。却回曰:某甲适来辄陈小𫘤,冒渎尊颜,伏蒙慈悲,未赐罪责。清曰:适来言从东来,岂不是翠岩来?师曰:雪窦亲栖宝盖东。清曰:不逐忘羊狂解息,却来这里念篇章。师曰:路逄剑客须呈剑,不是诗人莫献诗。清曰:诗速秘却,略借剑看。师曰:𭾡首甑人携剑去。清曰:不独触风化,亦自显颟顸。师曰:若不触风化,争明古佛心。清曰:如何是古佛心?师曰:再许允容,师今何有?清曰:东来衲子,菽麦不分,秪闻不已而已,何得抑己而己?师曰:巨浪涌千寻,澄波不离水。清曰:一句截流,万机寝削。师便礼拜。清曰:衲子俊哉!衲子俊哉!
Le maître Chan Yanzhao de Fengxue, à Ruzhou, appartenait aux Liu de Yuhang. Enfant, il refusait la viande ; étudiant des classiques confucéens, il échoua à sa première candidature au jinshi puis devint moine. Zhigong du temple Kaiyuan local le tonsura et l’ordonna ; il étudia la méditation Tiantai. À vingt-cinq ans, il visita Jingqing. « D’où viens-tu ? — De l’est. — As-tu traversé le petit fleuve ? — Un grand navire flotte seul dans le vide ; aucun petit fleuve à traverser. » Jingqing lui interdit les ouï-dire sur les eaux du Miroir et les monts Qin, infranchissables aux oiseaux. Il répondit par des vers sur les navires de guerre et les voiles des Cinq Lacs. Jingqing leva son chasse-mouches : « Et ceci ? — Qu’est-ce donc ? — Tu ne le connais pas. — Sortir, rentrer, déployer, replier : je l’utilise avec toi. » Jingqing dénonça ses paroles vaines ; il répondit qu’un vaste marais cache des montagnes et que le principe dompte le léopard. « Faute pardonnée, pars ! — Partir serait le perdre. » Il sortit, puis pensa qu’un moine voyageur ne devait pas quitter une rencontre inachevée. Revenant, il reconnut son audace et remercia d’être épargné. Jingqing demanda s’il venait de Cuiyan. Il répondit en vers sur Xuedou à l’est de Baogai. Accusé de réciter au lieu de dissiper l’illusion, il dit : « Devant un bretteur, montre l’épée ; n’offre pas de poème à qui n’est poète. — Cache le poème, montre l’épée. » Le vers suivant est obscur dans le texte transmis. Jingqing le jugea téméraire et stupide. « Sans affronter ton tranchant, comment révéler l’esprit de l’ancien Bouddha ? — Qu’est cet esprit ? — Accorde encore audience : que possèdes-tu maintenant ? » Jingqing tança ce moine oriental incapable de distinguer fèves et blé et trop bavard. « Les vagues s’élèvent de mille brasses ; leurs rides claires ne quittent pas l’eau. — Une parole coupe le courant, tous les artifices s’arrêtent. » Il se prosterna. Jingqing s’écria deux fois : « Excellent moine ! »
师到华严,严问:我有牧牛歌,辄请阇黎和。师曰:羯鼓掉鞭牛豹跳,远村梅树觜卢都。师参南院,人门,不礼拜。院曰:入门须辩主。师曰:端的请师分。院于左膝拍一拍,师便喝。院于右膝拍一拍,师又喝。院曰:左边一拍且置,右边一拍作么生?师曰:瞎。院便拈棒。师曰:莫盲枷瞎棒,夺打,和尚莫言不道。院掷下棒曰:今日被黄面浙子钝置一场。师曰:和尚大似持钵不得,诈道不饥。院曰:阇黎曾到此间么?师曰:是何言欤?院曰:老僧好好相借问。师曰:也不得放过。便下。参众了,却上堂头礼谢。院曰:阇黎曾见甚么人来?师曰:在襄州华严,与廓侍者同夏。院曰:亲见作。家来。院问:南方一棒,作么商量?师曰:作奇特商量。师却问:和尚,此间一棒作么商量?院拈拄杖曰:棒下无生忍,临机不见师。师于言下大彻玄旨,遂依止。六年,四众请主风穴。又八年,李史君与阖城士庶再请开堂演法矣。上堂:夫参学眼目临机,直须大用现前,勿自拘于小节。设使言前荐得,犹是滞壳迷封;纵然句下精通,未免触途狂见。应是从前依他作解,明昧两岐,与你一时扫却,直教个个如师子儿,咤呀地哮吼一声,壁立千仞,谁敢正眼觑著?觑著即瞎却渠眼。时有僧问:如何是正法眼?师曰:即便戳瞎。曰:戳瞎后如何?师曰:捞天摸地。
À Huayan, le maître lui demanda de répondre à son chant de bouvier. Il évoqua tambours, fouet, bêtes bondissantes et pruniers lointains. Chez Nanyuan, il entra sans saluer. « Il faut reconnaître le maître des lieux. — Montre-le exactement. » Nanyuan frappa son genou gauche ; il cria. Puis le droit ; il cria encore. « Laissons le gauche : que signifie le droit ? — Aveugle ! » Nanyuan leva son bâton. « Pas de coups aveugles ; ne dis pas que tu n’étais averti. » Jetant le bâton, Nanyuan dit que cet homme au visage jaune du Zhejiang l’avait confondu. « Tu ressembles à qui prétend ne pas avoir faim faute d’obtenir l’aumône. — Es-tu déjà venu ? — Que dis-tu ? — Je demande courtoisement. — Je ne peux te laisser passer. » Après avoir salué la communauté, il revint remercier et raconta son été à Huayan, Xiangzhou, avec l’assistant Kuo. « Tu as rencontré un véritable adepte. » Questionné sur le coup du Sud, il répondit qu’il était extraordinaire et demanda celui de Nanyuan. Celui-ci leva le bâton : « Sous le bâton, acceptation de la non-naissance ; à l’instant décisif, aucun maître n’est vu. » Il s’éveilla profondément et resta six ans. La communauté quadruple l’invita à diriger Fengxue ; huit ans plus tard, le préfet Li et la ville le convièrent encore à enseigner. Il demanda la pleine présence, sans mesquineries : comprendre avant les mots enferme encore dans une coquille, comprendre les phrases laisse les opinions égarées. Il balayerait les explications empruntées et la dualité obscure-claire, faisant de chacun un lionceau rugissant, abrupt comme une falaise de mille brasses : qui le regarderait serait aveuglé. Un moine demanda l’œil du vrai Dharma. « Crève-le aussitôt ! — Et après ? — Tâter le ciel et chercher la terre. »
师后因本郡兵寇作孽,与众避地于郢州,谒前请主李史君,留于衙内度夏,普设大会,请师上堂。才升座,乃曰:祖师心印,状似铁牛之机,去即印住,住即印破。秪如不去不住,印即是,不印即是,还有人道得么?时有卢陂长老出问:学人有铁牛之机,请师不搭印。师曰:惯钓鲸鲵澄巨浸,却嗟蛙步𩨍泥沙。陂伫思,师喝曰:长老何不进语!陂拟议,师便打一拂子曰:还记得话头么?试举看。陂拟开口,师又打一拂子。牧主曰:信知佛法与王法一般。师曰:见甚么道理?牧主曰:当断不断,反招其乱。师便下座。
Les combats le firent fuir avec les moines à Yingzhou, chez le préfet Li qui l’avait invité auparavant. Ils passèrent l’été dans sa résidence administrative. À une grande assemblée, il dit : « Le sceau de l’esprit des patriarches ressemble au mécanisme d’un bœuf de fer : partir le fixe, rester le brise. Sans partir ni rester, faut-il sceller ? Qui répond ? » L’ancien Lupi demanda de ne pas sceller son mécanisme. « Habitué à pêcher les baleines dans les eaux claires, pourquoi patauger en grenouille dans la vase ? » Lupi hésita. Le maître cria, exigea qu’il poursuive et le frappa du chasse-mouches lorsqu’il allait réfléchir : « Te rappelles-tu la question ? Répète-la ! » Il le frappa encore quand il ouvrit la bouche. Le préfet vit là l’identité de la loi bouddhique et royale. Pourquoi ? « Ne pas trancher quand il le faut engendre le désordre. » Le maître descendit.
至九月,汝州太师宋侯舍宅为寺,复来郢州,请师归新寺住持。至周广顺元年,赐额广慧。师住二十二年,常余百众。
Au neuvième mois, le grand précepteur Song de Ruzhou transforma sa demeure en monastère et retourna à Yingzhou inviter le maître à diriger ce nouvel établissement. La première année Guangshun des Zhou, il reçut le nom Guanghui. Le maître y resta vingt-deux ans, généralement avec plus de cent moines.
Chronique des bouddhas et patriarches
延沼禅师住风穴。
Le maître Chan Yanzhao réside à Fengxue.
延沼依止南院,六年,辞去。长兴二年,至汝州,见草屋数椽,依山如逃亡人家。问:田父:此何所?曰:古风穴寺。岁饥,众弃之而去,余佛像钟鼓耳。沼曰:我居之,可乎?曰:可。沼乃留止,日乞村落,夜燃松脂,单下者七年。
Après six ans auprès de Nanyuan, Yanzhao partit. La deuxième année Changxing, il vit à Ruzhou quelques chaumières contre la montagne, semblables au logis de fugitifs. Un paysan lui dit : « L’ancien temple Fengxue. La famine a chassé les moines ; restent images, cloches et tambours. — Puis-je y demeurer ? — Oui. » Il y vécut seul sept ans, mendiant le jour et brûlant la nuit de la résine de pin.
延沼避寇郢州,寇平,汝州有宋太师者,施第为宝坊,迎沼居焉。广顺元年,赐寺名广慧,法席冠天下。
Yanzhao se réfugia à Yingzhou. Les troubles apaisés, le grand précepteur Song de Ruzhou donna sa résidence comme monastère et l’y accueillit. La première année Guangshun, il reçut le nom Guanghui ; son assemblée d’enseignement dominait l’empire.
Gazette de Ruzhou
萧寺秋风竹树清,石林瑶井水初澄。楼台远近笼轻霭,山阜高低照晚晴。芳草有情依路长,幽花无侣背岩生。谬符此地应为主,聊逐宾僚谩引觥。
Au temple, le vent d’automne éclaircit bambous et arbres ; parmi les pierres, le puits précieux devient limpide. Tours proches et lointaines sous une brume légère, collines hautes et basses dans la clarté du soir. Les herbes affectueuses suivent le long chemin ; des fleurs solitaires poussent contre les falaises. Indignement chargé de gouverner ce lieu, je lève la coupe avec hôtes et collègues.
Notice de la construction de la porte du temple Baiyun
余谪倅钓州,逾两年,帝命守汝之官。闻汝有白云寺者,亦曰风穴寺,甚奇绝,因假途而馆焉。信宿将行,徘徊周视,见林木幽深,土宜柏,所产皆柏木,不杂他植,苍翠森郁,石泉脉脉从石罅间出,聚而为涧,委蛇流爱之投辖焉。风穴去州治十余里,政务之暇,时一登览。
Après plus de deux ans de relégation comme adjoint à Diaozhou, l’empereur m’ordonna de gouverner Ru. Ayant entendu parler du remarquable temple Baiyun, également Fengxue, j’y séjournai en chemin. Après deux nuits, je contemplai les bois profonds : le sol ne portait que des cyprès, d’un vert dense. Des eaux sortaient des fissures, formaient un ruisseau sinueux et retenaient le voyageur. Fengxue est à plus de dix li du siège administratif ; je m’y rendais lorsque mes fonctions le permettaient.
窃佘浮屠氏自汉明帝延入中国,立精舍以处之,而僧寺之肇昉于此,渐及于晋、宋、齐、梁、陈、隋、唐之代,尊信其教,其徒浸盛,而缁流净侣,往往全真了觉于深岩穷谷之中,著灵显异,以神其教。而禅家者流,多即其处创居以奉之。是以金刹遍于名山,琳宫建于胜地,而其殿宇堂室,门户榱桷,与王者埒。以为不如是,不足以宏三乘之化,而崇三藏之宝也。
Depuis que l’empereur Ming des Han invita le bouddhisme en Chine et bâtit des logements religieux, les monastères se répandirent sous Jin, Song, Qi, Liang, Chen, Sui et Tang. Les fidèles se multiplièrent ; dans les vallées reculées, des moines atteignaient l’éveil et manifestaient des prodiges. Les adeptes Chan y construisaient des demeures. Les montagnes célèbres se couvrirent donc de monastères dont salles, portes et charpentes rivalisaient avec les palais : ils jugeaient cette magnificence nécessaire pour propager les Trois Véhicules et honorer les Trois Corbeilles.
若汝之风穴,元魏常建白云寺于其麓,在唐则七祖贞禅师卓锡于此,曜慧于灵岩,转法轮于祗舍,由是神僧阐教,法宝不磨,天龙护持,诸像瞻仰,香火特盛,遂为丛林。寺旧无山门,今住持僧满增者,始议建焉。庇材鸠工,无所吝惜,不惮劳瘁。斧斤既运,轮奂聿兴,梓匠毕技,高厂宏丽。及落成,僧正日清流者嘉增之志,走使须文于余,记其兴理岁月,以余常守是邦故也。余素稔清流之宿行,更美住持之有兹举也,其州博襄阳王君廷相,累书以速。昔𭦌子固为道凌齐晔作三门记,其日齐晔,里人也。为里人而与之记,人之情也。以礼、春秋义而告之,又下之公也。然则余为之言,固非无谓。
Au pied du mont Fengxue de Ru, Baiyun fut fondé sous les Wei du Nord. Sous les Tang, Zhen, le Septième Patriarche, s’y fixa, diffusa la sagesse et fit tourner la roue du Dharma. Protection divine et ferveur firent prospérer le monastère. Il n’avait pas de porte monumentale. L’abbé Manzeng en entreprit une, rassemblant bois et ouvriers sans ménager dépenses ni fatigue. Le bâtiment haut et splendide achevé, le responsable monastique Qingliu me demanda une notice, car j’avais gouverné ce pays. Je connaissais sa conduite éprouvée et admirais l’initiative de l’abbé ; le maître d’école préfectoral Wang Tingxiang de Xiangyang me pressa aussi par lettres. Zeng Zigu écrivit jadis pour Daoling Qiye, son compatriote, une notice des Trois Portes : l’affection personnelle s’y associait à l’utilité publique d’un enseignement des rites et des Annales. Mon texte n’est donc pas sans motif.
命持归,俾击鼓集众,告增并其徒曰:诸佛难值,人身难得,好时难逢,大善难修。今汝比恤者,宏大誓愿,思忆四难,广滋功德,以成此门。尔等弟子,由此门者益坚此志,钦崇三宝,厚答四恩,则心身无失,名立教宣,称为高僧。由此门者益坚此志,磨砖成镜,感石点头,则五蕴皆空,即心见佛,称为佛阻。由此门者,益坚此志,默契大乘,深入禅定,则形神俱空,悟真超胜,称为法王。如此,则虽黄金为瓦,白玉为屋,如来之法宝常存,护法之金刚常镇,贞师衣钵传于无穷,而胜地山门垂于不朽,永为汝等方便利益之途,而常有此门矣。若不然者,则欲火灼衷,苦海难测,玄门启而复合,慧路辟而复湮,升堂入室,殆若望洋,汝尚何由哉?
Je fis rapporter ces paroles et réunir les moines au tambour : Rencontrer les bouddhas, naître humain, rencontrer un âge favorable et pratiquer le grand bien sont difficiles. Songeant à ces quatre difficultés, Zeng et ses disciples ont fait vœu d’élever cette porte pour accroître les mérites. Qui la franchit doit affermir sa résolution, honorer les Trois Joyaux, rendre les Quatre Bienfaits, garder corps et esprit et propager la doctrine : il devient grand moine. Qu’il polisse les briques en miroirs, fasse acquiescer les pierres, vide les Cinq Agrégats et voie le Bouddha dans son esprit : il devient Bouddha. Qu’il s’accorde silencieusement au Grand Véhicule et approfondisse la méditation jusqu’à vider corps et esprit : il devient roi du Dharma. Même sous des tuiles d’or et des murs de jade, le trésor du Dharma et ses gardiens dureront, robe et bol de Zhen se transmettront, cette porte servira toujours votre salut. Sinon le désir brûle, l’océan des souffrances est insondable, la porte ouverte se referme et le chemin de sagesse disparaît. Comment entrer alors ?
余美增僧之志,故为学道之士识之,以告将来者。
J’admire la volonté du moine Zeng et l’inscris pour ceux qui étudient la Voie et les générations futures.
Notice de la restauration de la salle de Vairocana au temple Qianfeng Baiyun de Ruzhou
白云寺去州二十里,俗呼风穴,创于后魏,历隋唐而宋而元,以迄于今。其地秀接嵩、少,众流蜿蜒,交注汝、颖,峰峦拱叠,林壑蓊郁。余往见王苍谷诗赋,知为汝州胜地。寺故有毗卢殿,寝废,成化乙未,僧正清流、住持满巍举清秀句工,其徒净书等与乡耆王福善等募众缘修复之。是殿也,凡栋梁、榱棋之属二千有奇,础砺三百有奇。乃先修者饶劈、鸱吻之类五万有奇,钉铁以斤计三千有奇,石灰以石计四万有奇,咸今置之。材为梓者、砺者、鍜者、绘者、塑者、漆者、匋者、污墁者,佣役者,縻钱百万,食粟六百余斛,为崇三十有二尺,为广七十有四尺,廓如巍如,美哉轮奂,辉映碧落。寺为改观。累岁历人而后成。施者靡吝厥费,工者靡爱厥力,非僧之行感而有是哉?爰勒诸石,俾后来者有所考焉。
Baiyun, communément Fengxue, est à vingt li de la ville. Fondé sous les Wei postérieurs, il a traversé Sui, Tang, Song et Yuan. Sa beauté rejoint Song et Shaoshi ; les eaux sinuent vers la Ru et la Ying, les sommets se superposent sous les bois. Les poèmes de Wang Canggu m’avaient appris son renom. La salle de Vairocana était ruinée. L’année yiwei de Chenghua, Qingliu et l’abbé Manwei chargèrent Qingxiu du chantier ; ses disciples Jingshu et d’autres réunirent les dons avec les anciens du pays dont Wang Fushan. Il fallut plus de deux mille pièces de charpente et consoles, plus de trois cents pierres taillées et bases, plus de cinquante mille éléments de toiture et ornements, plus de trois mille jin de fer et clous, quarante mille shi de chaux : tout fut acquis. Menuisiers, tailleurs de pierre, forgerons, peintres, sculpteurs, laqueurs, potiers, enduiseurs et manœuvres consommèrent un million en argent et plus de six cents hu de grain. Haute de trente-deux chi, large de soixante-quatorze, vaste et imposante, la salle brillait contre le ciel. Le temple fut transformé. Il fallut des années et plusieurs générations d’acteurs. Donateurs et artisans ne ménagèrent ni dépenses ni efforts : n’était-ce pas l’effet de la conduite des moines ? Gravons-le pour permettre aux suivants de s’informer.
Notice de la salle de Vairocana
汝颍盛克修,余同年友也。其子瑞走书嘱余曰:州之白云寺,先生讲道处也。逮今三纪,流风余韵,犹有存焉。昔年讲堂前今构六楹,高广深靓,扁曰毗卢,复为像于中,面背而座,左右而立,总六像释家之说,想有意义。经营于成化乙未,住持圆证率徒以始之,工未讫而卒,落成于正德丁卯,徒孙清秀偕师满巍、僧正清流辈以终之。凡费钱十八万,计日万八百有奇。历匠氏三百有余指,食米麦四百有余斛。由祖及孙,积累缔造,厥维艰哉!群僧愿一记之久矣,敢代以请。既而清秀复不远百里而速之者再,辞不获,乃为之言曰:佛之道不可知,然每观其徒有所兴作,皆用心勤,注意专,不屑苟成,不求速效,故能以小致大,因卑而高。岂其法之蕃昌,言之祸福,足以动人哉?其中亦有坚忍不拔者然也。今若辈以数十年之劳,克成先志,其所以自致者,宁不近是也耶?鸣呼!佛教方盛行于天下,而其学者善自封殖之又如此。至于世儒穷居学圣人之道,口诵心维,自以为得矣,及出而任天下事,未见有恳笃之志,坚持之撡,群居相语者,不过苟一时之利而已,安能必世百年为教化之渐,得持久之功哉?由是观之,反不如佛之学者远甚,则彼之所以盛,不由此之所自守者衰欤?与之记,不独以著其能,亦以媿吾道之难行也。停笔三叹。
Sheng Kexiu de Ru-Ying était mon compagnon de concours. Son fils Rui m’écrivit : « Le temple Baiyun, où vous enseigniez, conserve votre influence après trois cycles de douze ans. Devant votre ancienne salle s’élève un édifice de six unités, haut, vaste et profond, nommé Vairocana. Six images y siègent devant et derrière, ou se tiennent sur les côtés ; leur disposition bouddhique doit avoir un sens. L’abbé Yuanzheng commença avec ses disciples en l’année yiwei de Chenghua, mais mourut avant la fin. Qingxiu, petit-disciple, son maître Manwei et Qingliu achevèrent en dingmao de Zhengde. Il en coûta 180 000 en argent, plus de 10 800 journées, plus de trois cents doigts d’artisans au travail et quatre cents hu de riz et blé. Quel labeur accumulé sur trois générations ! Les moines souhaitent depuis longtemps une notice ; je vous la demande pour eux. » Qingxiu vint ensuite deux fois de plus de cent li me presser. Ne pouvant refuser, j’écrivis : Je ne connais pas la Voie du Bouddha. Mais ses disciples bâtissent avec application, sans se contenter d’un achèvement négligé ni rechercher un résultat rapide. Ils font ainsi du petit le grand et du bas le haut. Leur prospérité vient-elle seulement des promesses de bonheur et des menaces de malheur ? Il y a chez eux des hommes inébranlables. Des décennies de peine ont réalisé le dessein des prédécesseurs : leur réussite n’est-elle pas là ? Le bouddhisme prospère et ses disciples l’entretiennent si bien ! Les lettrés confucéens récitent et méditent les sages chez eux, croyant comprendre, mais dans les affaires publiques manquent de sincérité et de constance, ne discutant que l’avantage immédiat. Comment obtenir une œuvre éducative durable sur des générations ? Ils restent loin derrière les bouddhistes. La force des uns ne vient-elle pas de notre défaillance ? J’écris pour louer leur capacité et rougir de la difficulté de pratiquer notre Voie. Je pose le pinceau et soupire trois fois.
Stèle de la restauration du pavillon de la Cloche
东里子巡汝之二年,矿靖氛清,条风徐兴,寒夜坐听,有声铿鍧,隐隐从东北山来,类大吕流铃之音,顾左右而问焉,对曰:此风穴寺钟鸣也。盖寺钟之设久矣,繇隋、唐、宋以千峰、白云名寺,传者谓于此山义无当,爰更风穴为号。北宋宣和七年,复于寺殿庑间增置阁焉,名曰悬钟。然形势峭绝壁立,不耐风雨,历世递为兴废。嘉隆以还,浸陵夷倾圮,几数十载,希声探风穴者,往往太息之。迩幸一方无事,物力稍充羡,寺之住持僧净通辈,得休暇,募善缘,次筑葺故址,重修钟楼,有状。落成,悬钟如初,于是鸣始闻声云。
Dans ma deuxième année d’inspection de Ru, les troubles miniers s’étaient calmés et les vents redevenaient doux. Une nuit froide, un son métallique profond vint des montagnes du nord-est. Mes gens l’attribuèrent à la cloche de Fengxue, ancienne installation. Sous Sui, Tang et Song, le temple s’appelait Qianfeng et Baiyun ; la tradition jugea ces noms inadaptés au mont et les remplaça par Fengxue. En 1125, un pavillon de la Cloche suspendue fut ajouté entre les salles. Trop exposé sur une pente abrupte, il connut destructions et reconstructions. Depuis Jiajing et Longqing, des décennies de ruine attristaient les visiteurs. Enfin la paix et de meilleures ressources permirent à l’abbé Jingtong de recueillir des dons et rebâtir sur l’ancien emplacement. La cloche retrouva sa suspension et sa voix.
东里子嘿然良久,起席退。越宿,乃偕郡守陆厚躬君率其僚吏师生往观焉。维时瑞雪拥郊,万山拱壁,田翁野叟,遮呼绕膝,具道始末最详。东里子引裾登楼,喟然抚掌叹曰:甚哉!废兴之时,可以悟官常矣。且畴亦知斯之。为义乎?寺以风名,君子德也。风以穴名,风所自也。因寺为钟,播风声也。盖钟于楼藏,有声于无声也。昔者有虞氏风动四方,墨胎、展禽氏风闻百世,而孔思子推风之自,近及乎孔昭屋漏,远及乎劝威形辟,其究乃讫乎无声。夫风非声也,不显其德,所以不显其声也。抑风之象,莫辨乎易,易有之:申命省方,设教议狱。余巡兹土,每深致意焉。载观山下有风,坏极复治之说,而味所谓振民育德云者,叉类不可不知也。
Je gardai longtemps le silence et me retirai. Le lendemain, j’y allai avec le préfet Lu Hougong, ses officiers, maîtres et élèves. Neige sur la campagne, montagnes autour de nous ; les anciens expliquèrent le chantier. Montant au pavillon, je dis : Déclin et renouveau enseignent le devoir des fonctionnaires ! Le vent nomme le temple et représente la vertu ; la cavité nomme le vent et sa source. La cloche diffuse sa voix, le pavillon conserve le son dans le silence. Shun influença les quatre directions ; les hommes de Motai et Zhanqin furent célèbres pour des siècles. Zisi chercha cette origine de la chambre cachée aux exhortations et peines, jusqu’au silence. La vertu du vent se manifeste par le son, tandis que sa source demeure muette. Les Mutations enseignent ordres répétés, inspections, instruction et justice. J’y songe dans mes tournées. Le vent au pied du mont et le relèvement après ruine extrême rappellent aussi l’éveil du peuple et la culture de la vertu.
夫风自穴出,与钟俱鸣,其德可以振民;钟以楼藏,与𡧆俱寂,其义可以育德。乡者钟阁坏盖极矣,今兹重修,坏复治矣。势太重则易坏,故待乎修。坏非时不治,故今始修。阁坏而基不坏,故易于修。尔
Le vent sort de la cavité et sonne avec la cloche pour éveiller le peuple ; la cloche à l’abri du pavillon se tait avec la cavité pour nourrir la vertu. L’édifice ruiné est restauré. Trop de poids cause la ruine et exige réparation ; celle-ci attend son heure, maintenant venue. Le pavillon a cédé, non sa base, ce qui facilite le travail. Vous—
庶官环楼谛观之,夫崇上必厚下,蔽外必虚中,四面欲阔以达,毋令壅阏;重檐欲壮以固,毋为巧饰。其出声欲远,毋不叩而遂鸣;其藏形欲完,亦毋叩而不鸣。兴必虑废,毋以喜事酿速坏;废必急修,毋以畏事滋大坏。庶几永永风声,隆施靡极,与此名山并传盛美,以无忝今日登临雅谊。
Fonctionnaires, observez : pour élever le haut, affermissez le bas ; protégez l’extérieur et laissez l’intérieur libre. Ouvrez les quatre côtés sans obstruction ; renforcez les doubles avant-toits sans vaine parure. La cloche doit porter loin, sans sonner d’elle-même, et conserver sa forme sans rester muette sous les coups. Dans la prospérité, prévoyez le déclin, sans le hâter par goût des chantiers ; dans la ruine, réparez vite, sans l’aggraver par crainte des difficultés. Que cette bonne influence dure avec la montagne et honore notre visite.
于是郡守而下罗拜谢曰:谨受教,愿书其言为记,爰勒石而去。
Le préfet et ses subordonnés se prosternèrent, remercièrent, acceptèrent la leçon et demandèrent qu’elle fût écrite. Je la fis graver avant de partir.
Gazette générale du Henan
风穴寺,在州城东北二十里风穴山,一名白云寺。唐大中初创建,明弘治间重修。
Le temple Fengxue est sur le mont homonyme, vingt li au nord-est de la ville ; il s’appelle aussi Baiyun. Fondé au début de Dazhong des Tang, il fut restauré sous Hongzhi des Ming.
Inscription de la pagode du moine Zhen du temple Kaiyuan
开元寺贞和尚塔铭
Inscription de la pagode du moine Zhen du temple Kaiyuan
开元二十六年七月立沈兴宗撰隶书在汝州
Érigée au septième mois de Kaiyuan 26 ; texte de Shen Xingzong, écriture des scribes, à Ruzhou.
碑云禅师讳贞兹郡京兆人也京兆郡名上云兹郡者其义不可详或唐以洛为东都亦可称京兆欤又云俗姓张氏自轮奂规唐貂蝉蔚汉姜宋莫齿裒扬前伦规唐犹云规晋姜宋盖谓姜望宋微子袁扬盖谓袁安扬震也又有前剌史故丞相齐八崔日用吏部尚书李嵩皆顶奉山字云云按崔曰用李暠刘响唐书有传贞禅师者驻锡风穴山尝习衡阳三昧其化大行一夕溘然示寂守宰李暠阇维之得舍因千泣明皇谥为七祖碑隶书甚劣惟用肯为前即业字之省用巳为以尚有古意年号贰拾陆字用代二十六与五经交字九经字样同余碑少见
La stèle dit que Zhen venait de Jingzhao « de cette préfecture ». Jingzhao est un nom de commanderie : cette formule reste obscure. Luoyang, capitale orientale des Tang, pouvait-elle aussi être dite Jingzhao ? Son nom laïc était Zhang. L’éloge célèbre sa famille sous Tang et Han, au-dessus de Jiang et Song, avant Yuan et Yang. La formule « prendre modèle sur Tang » rappelle celle concernant Jin ; Jiang et Song désignent Jiang Wang et Weizi, Yuan et Yang Yuan An et Yang Zhen. Le texte cite aussi Cui Riyong, ancien préfet et chancelier, et un ministre Li, avec des caractères incertains. Cui Riyong et Li Gao ont leurs biographies dans l’Histoire des Tang. Zhen résidait au mont Fengxue, pratiquait le samadhi de Hengyang et enseignait largement. Mort un soir, il fut incinéré par Li Gao, qui recueillit des reliques. L’empereur Minghuang le nomma Septième Patriarche. L’écriture est médiocre, mais certaines abréviations de qian et ye, et si pour yi, gardent des formes anciennes. Les caractères de vingt-six correspondent aux ouvrages Wujing Wenzi et Jiujing Ziyang et sont rares ailleurs.
Échos du maître Hanxiu frappant le vide
原夫灵岳降灵,薄伽应缘而设化;名山卓锡,古德示迹以传宗。法苑固支那攸崇,中原推风穴为最。人惟地杰,地以人彰。沼祖开创于昔,吾师振响于今。门庭高峻,海内趋风。若无志载,曷识端由。不揣缶声,谬裁韵语。倘获披卷神游,洞见白云深处。法流东注,碧眼西来。一花始绽,五叶弘开。丛席棋布,宇内弥该。偏汝坟之毓秀,擅灵岳之崔嵬。道树冠神州而卓荦,石壁洒藻翰以雄才。称伟观于天中,列舆纪而最推。维彼风穴,近接嵩高。深邃叵测,怒吼惊虓。先闻有声,风起林稍。嘘两间之元气,鼓万物而炮烋。山鬼啸而助响,草木震以长号。艮维坤向,刹创隋朝。运当五季,锡驻征沼。乘夙愿兮非偶,投簪笏兮缁袍。应悬谶兮是止,于傍陬兮缚茅。苦单丁兮七载,兴百废兮一朝。弘济宗兮大振,绳祖武兮独超。应真辈出,香火斯饶。山则嵂崒,千峰插天半之芙蓉;水则潺湲,双涧绕十里之幽松。孤嶂列屏兮,拟匡庐之云锦;岚亭叠翠兮,记孟阳之词宗。慈泉济亢兮,观音变相;古洞窈窕兮,哲士遗踪。仙人桥畔兮,想飞化龙之竹;望州亭际兮,思齐洗耳之风。一径高危兮,纡盘白云之顶;中峰峻极兮,缥缈紫微之宫。石状琼台而峭拔,岩嵌法洞以玲珑。乃若西峦蓊欎,东岭巃嵷。双峰环抱,万柏苍葱。仿佛清虚之上,徘徊翠微之中。瀑泻珠帘,寒飞千尺之雪;桥横玉带,𫝑吞万丈之虹。绿竹凌霄,挺廉宪之高节;清流开沼,振太史之词锋。层台玩月兮,识盈虚之有数;重崖登眺兮,觉宇宙之无穷。毗卢千寻兮,任餐霞而浴日;声闻五百兮,随驯虎以降龙。铎振丹霄,坛竖开元之塔;阁耸青汉,鲸鸣宣和之钟。壮金庭而增丽,对宝藏以飞雄。瑮璑腾辉,周王镌牟尼之玉像;镠葟散彩,锦轴悬水陆之金容。再瞻殿宇,榱桷轮囷。嵯峨林表,璀璨凌云。丰碑记载,历朝志文。庭柯交荫,薝卜氤氲。说法堂前,桧附凌霄之蕊;饭田谷口,岁储绿野之耘。庙祀玄天,星旗将溪光而闪烁;庵曰自在,祖塔下花雨而缤纷。甲中原之巨刹兮,少林犹让其左;传五灯之慧焰兮,风穴特萃其群。慨夫!玄黄易位,沧桑变更;缁侣寥寂,佛面蒙尘。会际鼎辈,祖道维新;席虚谁尸,蜀伯有陈。传通玄林野之法胤,系天童密云之嫡孙;本渊源于麟湖,受付嘱于栖真。一杖飘然兮北迈,七坐名蓝兮轶伦;是宜中州之应响,幸兹汝海以垂纶。搢绅曲垂而加护,缁素径筏以归仁;挽滹沱三十一世颓流之脉,继沼师七百余年无尽之灯。羡祖庭恢复于今日,冀昙华永茂乎千春。吁嗟兮!法幢崛起,祖叶弥芳;凤毛麟角,虎骤龙骧。美英才之济济,发嫩桂之昌昌;拓旧模以广大,俾宗社而益长。法化昭于日月,声光齐乎天壤;第见此山亘恒沙浩劫而不朽兮,又何殊乎鹫岭之与雁堂?
Les monts sacrés dispensent leur puissance, le Bienheureux enseigne selon les circonstances ; les anciens maîtres habitent les hauteurs et transmettent la lignée. Les jardins du Dharma sont honorés en Chine, Fengxue domine la Plaine centrale. Hommes et paysages se glorifient mutuellement. Zhao fonda jadis, notre maître résonne aujourd’hui ; les portes élevées attirent tout le pays. Sans gazette, qui connaîtrait ces origines ? J’offre modestement des vers pour conduire l’esprit du lecteur au cœur des nuages blancs. Le Dharma coula vers l’est, le patriarche aux yeux bleus vint d’occident ; une fleur ouvrit cinq pétales et les sièges Chan se répandirent. Dans le val de la Ru, mille pics sont lotus célestes, l’arbre de la Voie couronne le pays, les rochers portent des écrits nobles. Près de Song, Fengxue est profond et insondable ; le grondement précède le vent qui souffle l’énergie originelle, avec esprits des monts et arbres en chœur. Orienté du nord-est au sud-ouest, le monastère fut fondé sous les Sui. Sous les Cinq Dynasties, Zhao y arriva, échangea ses habits officiels contre la robe, accomplit vœu et prophétie et lia une hutte à l’écart. Seul sept ans, il releva cent œuvres négligées, répandit Linji et continua les patriarches. Sages et offrandes affluèrent. Mille sommets fleurissent au-dessus du ciel, deux ruisseaux serpentent parmi dix li de pins. Un pic fait écran comme les brocarts du Lushan ; les pavillons de brume évoquent la poésie de Mengyang. La source de Compassion soulage la sécheresse, Guanyin apparaît, les grottes gardent les sages. Au pont des Immortels on songe au bambou transformé ; au pavillon sur Ruzhou, à la pureté de celui qui se lava les oreilles. Un sentier escarpé dépasse les nuages vers le palais céleste. Rochers de jade, grottes lumineuses ; crêtes occidentales et orientales entourent dix mille cyprès. On erre dans le vide pur et les nuées vertes. Les cascades sont neige de mille pieds, le pont de Ceinture de jade un arc-en-ciel. Le bambou honore l’intégrité du censeur, l’eau claire la plume de l’historien. Sur les terrasses on médite les phases lunaires, sur les falaises l’infini. Vairocana se dresse vers aube et soleil ; cinq cents disciples accompagnent tigres et dragons domptés. Les clochettes vibrent au ciel rouge sur la pagode Kaiyuan, le pavillon élève la voix profonde de la cloche Xuanhe. Salles d’or et trésor des écritures rivalisent ; l’image de jade du prince de Zhou brille, des rouleaux de soie portent les figures dorées du rite des Eaux et des Terres. Les charpentes montent au-dessus des arbres, les stèles racontent les dynasties. Feuillages et parfums emplissent les cours ; le cyprès du lieu d’enseignement porte la bignone, les champs du vallon nourrissent les moines. Un sanctuaire honore le Ciel obscur, l’ermitage Zizai reçoit les fleurs sous les pagodes ancestrales. Même Shaolin cède le pas parmi les grands monastères ; Fengxue rassemble les flammes des Cinq Lampes. Hélas, dynasties renversées, mers devenues champs, moines dispersés, poussière sur le Bouddha ! Au nouvel âge, la Voie renaît. Qui prend le siège vide ? Un Chen du Shu, héritier de Tongxuan Linye et petit-fils spirituel de Miyun de Tiantong, enraciné à Linhu, mandaté à Qizhen. Un bâton à la main, il gagne le nord et dirige sept grands monastères. La Plaine centrale répond ; il se fixe à Ru. Fonctionnaires protecteurs, religieux et laïcs affluent. Il arrête le déclin de trente et une générations depuis Hutuo et perpétue la lampe de Zhao vieille de sept cents ans. Le siège ancestral revit : que la fleur rare s’épanouisse mille printemps ! La bannière du Dharma s’élève, les rameaux ancestraux prospèrent ; talents comme phénix et dragons, jeunes lauriers vigoureux. Que l’ancien monastère grandisse, soutienne le pays et brille avec soleil et lune pour d’innombrables âges, comme le pic du Vautour et les palais sacrés.
Photographies anciennes
Vers 1979
Ces clichés proviennent de photographies d’exposition de l’agence Xinhua proposées à la vente sur Kongfz par Zijinshan Shuyuan. Les notices commerciales les datent de 1979.
Vue générale du temple Fengxue, pagode et bâtiments étagés sur la pente. Photographie de Qi Dalin. Source photographique.
Pavillon de la Cloche et pentes environnantes. Photographie de Qi Dalin. Source photographique.
Pavillon de Guanyin entre arbres et murs d’enceinte. Photographie de Qi Dalin. Source photographique.
Pagode du Septième Patriarche et stèles devant celle-ci. Source photographique.
Nécropole du temple, tours de hauteurs variées parmi herbes et arbres. Photographie de Qi Dalin. Source photographique.
Références
- Tan Shibao et Tan Xuechao : Nouvelle transcription et étude de la stèle du monastère Chan Fengxue du Septième Patriarche Qianfeng Baiyun des Han postérieurs, Revue de la culture, no 115, 2022, p. 44–63 ; photographies, transcription et histoire des noms.
- Chang Faliang : Recherches sur la fondation du temple Fengxue à Ruzhou, Vestiges culturels de la Chine centrale, no 6, 2011.
- Ma Tianxiang : Étude du temple Fengxue à Ruzhou et des contributions de Jing Sanlin, Revue de l’Institut de technologie de Harbin, sciences sociales, no 6, 2019.
- Tang Wenxing : Le Temple Fengxue, collection Sites historiques du Henan, Éditions Zhongzhou de calligraphie et peinture, 1982.
- Temple Fengxue et nécropole de pagodes, municipalité de Ruzhou ; extrait de la Gazette des vestiges culturels de Ruzhou.
- Temple Fengxue, municipalité de Ruzhou, 1er juillet 2022 ; pavillon de la Cloche, salle centrale et deux nécropoles.
- Temple Fengxue de Pingdingshan, Fobao, 3 février 2015 ; la description situe Vairocana derrière la salle centrale du Bouddha.