Introduction
Au troisième mois de la trente-deuxième année de l’ère Qianlong, le temple de Putuo Zongcheng fut mis en chantier dans la vallée du Lion (Shizigou), au nord de la résidence d’été. Construit à l’imitation du palais du Potala du Tibet, c’est le plus vaste des Huit temples extérieurs de Rehe ; il fut ordonné par édit pour les célébrations du soixantième anniversaire de l’empereur Qianlong et des quatre-vingts ans de l’impératrice douairière Chongqing, et devait être achevé en la trente-cinquième année, l’année de ces anniversaires. Cette année-là, les mille statues de Bouddha offertes d’une même voix par les princes mongols arrivèrent à Rehe comme prévu, mais le temple, dont le chantier avait pris feu dans l’année, n’était pas encore achevé.
Pour loger ces statues arrivées les premières, un pavillon des Mille Bouddhas fut élevé en urgence au sud-ouest de la Grande terrasse rouge, et une stèle fut dressée au huitième mois de la même année pour consigner l’événement. L’été suivant, aucun des trois rapports d’avancement des travaux intitulés 《工程成数》 (État des travaux accomplis) ne mentionna de nouveau ce pavillon — il était fort probablement achevé depuis longtemps, le premier édifice du temple à être déclaré terminé.
Qianlong consigna les faits dans la stèle du temple : « 先是,群藩合辞请进千佛像,恳款弗可却,因命就庙中庋阁奉之。 » (« Auparavant, les diverses principautés avaient d’une même voix demandé à offrir mille statues de Bouddha ; leur instance fervente ne pouvant être repoussée, j’ordonnai qu’on les conserve et qu’on leur rende un culte dans un pavillon du temple. ») Or ce « pavillon » (ge), chargé par ordre impérial d’abriter les bouddhas, portait un nom qui ne disait pas la réalité : ce n’était pas un pavillon à étages, mais une simple cour entourée de maisons d’un seul niveau sur quatre côtés, d’une construction des plus sommaires. En la trentième année de l’ère Guangxu, un mémoire d’inspection des temples prit encore par erreur le pavillon-abri qui couvrait la pagode de santal rouge au sommet de la Grande terrasse rouge pour le « pavillon des Mille Bouddhas » — le nom de cette petite cour avait été placé sur un autre bâtiment.
Cette petite cour improvisée se dresse encore aujourd’hui au sud-ouest de la Grande terrasse rouge : une enceinte de murs de pierre large de cinq travées, haute d’un seul niveau. En montant par le sentier de la terrasse blanche, à l’ouest, pour gagner la terrasse rouge, il faut, une fois parvenu devant elle, obliquer vers l’ouest puis vers le nord pour passer derrière elle — selon Yang Xu, le chemin d’ascension prévu à l’origine a fort probablement été interrompu par elle. Plus de deux cent cinquante ans ont passé, et qui gravit la terrasse rouge doit encore la contourner.
Documents historiques
Putuo Zongcheng zhi Miao Beiwen (Texte de la stèle du temple de Putuo Zongcheng)
山庄迤北,普陀宗乘之庙之建,仿西藏,非仿南海也。南海普陀,在浙东定海县境,朝山之舶,岁岁凌越,洪涛澜涆间,擎芗顶礼唯谨曰:大士道场,舍兹奚属?是独震旦缁流,方隅所见故然。考之贝夹,普陀有三,一居额讷特珂克,一居图伯特,一居南海。盖南海特大士行教至此,偶一示现云耳,庸可以此为是而彼为非乎?额讷特珂克即印度,是,由此以证西来因缘,自印度而西藏,自西藏而南海,了了可识。第印度金刚座,辽远难稽,讵若西藏都纲,法式具备,为天人摄受之闳规,藩服皈依之总汇也哉?乃者岁𢈏寅,为朕六袠庆辰,辛夘恭遇圣母皇太后八旬万寿,自旧隶蒙古、喀尔喀、青海王公台吉等,暨新附准部回城众蕃长,联轸偕来,胪欢祝嘏,念所以昭褒答,示惠怀者,前期咨捋作,营构斯庙,以乾隆三十二年三月经始,至三十六年八月讫工。
Au nord de la résidence de montagne, la construction du temple de Putuo Zongcheng imite le Tibet, et non la mer du Sud. Le Putuo de la mer du Sud se trouve sur le territoire du district de Dinghai, dans l’est du Zhejiang ; les barques des pèlerins de la montagne sacrée, d’année en année, franchissent les vagues, et au milieu des flots immenses, élevant l’encens et se prosternant avec respect, [disent] : le lieu de la Voie du Grand Être (Guanyin), à qui d’autre pourrait-il appartenir ? C’est seulement la vue des moines de la Chine, bornée à un coin du monde, qui fait qu’il en est ainsi. En examinant les feuilles de palme [les écritures], [on constate qu’]il y a trois Potala : l’un est à Enetkek, l’un au Tubet, l’un dans la mer du Sud. Car la mer du Sud n’est qu’un lieu où le Grand Être, cheminant pour enseigner, s’est une fois manifesté par hasard ; comment pourrait-on tenir celui-ci pour vrai et les autres pour faux ? L’Enetkek, c’est l’Inde ; c’est bien cela. De là l’on prouve la chaîne des causes venues de l’Occident : de l’Inde au Tibet, du Tibet à la mer du Sud — parfaitement claire à connaître. Mais le Vajrasana de l’Inde, lointain et difficile à vérifier, ne vaut pas le modèle monastique du Tibet, dont la règle et les formes sont complètes, grande norme où dieux et hommes se recueillent, confluent où les vassaux prennent refuge. Or, l’année gengyin marquait le soixantième anniversaire de ma naissance, et en l’année xinmao nous avons respectueusement rencontré le quatre-vingtième anniversaire de l’impératrice douairière, notre sainte mère ; des princes et taiji des Mongols, des Khalkhas et du Kokonor qui nous sont soumis de longue date, jusqu’aux chefs des tribus des villes musulmanes du Dzungar nouvellement ralliés, tous sont venus ensemble, attelages joints, pour déployer leur joie et prier pour notre félicité. Considérant comment manifester notre louange et notre récompense et montrer notre bienveillante sollicitude, nous avons, par avance, ordonné le travail et fait construire ce temple : commencé au troisième mois de la trente-deuxième année de l’ère Qianlong, il fut achevé au huitième mois de la trente-sixième année.
广殿重壹,穹亭翼庑,爰逮陶范斤凿,金碧𩬘垩之用,莫不严净如制。夫𦭵藩信心回向,厥惟大慈氏之教。而热河尤我皇祖、圣祖仁皇帝抚绥列服,岁时肆觐之区。向也西陲内面景从,朕勤思缵述,普宁、安远、普乐诸刹,所谓嗣溥仁溥善而作也。今也逢国大庆,延洪曼羡,而斯庙聿成,三乘之宗,实其统会。于焉宣宝铎,演金轮,关禽流梵乐之音,塞树种菩提之果。一切国土善信,膜拜欢喜,以为得未曾有。而夂入俄罗斯之土尔扈特,以其为外道,非黄教所,概舍夂牧之额济勒,率全部数万人,历半年余,行万有数千里。倾心归顺,适于是时,莅止瞻仰,善因福果,诚有不可思议者。是则山庄之普陀,与西藏之普陀一如,与印度之普陀亦一如,与南海之普陀,亦何必不一如?
Vastes salles et pavillons superposés, kiosques voûtés et galeries ailiées, jusqu’aux moules de terre cuite et au travail de la hache et du ciseau, à l’emploi de l’or, du vert émeraude, du vermillon et du badigeon — tout y est d’une pureté sévère, conforme à la règle. Car la foi et le vœu des diverses principautés se tournent vers la doctrine du Grand Miséricordieux. Et Rehe est surtout le lieu où notre auguste aïeul, l’empereur Shengzu Ren, apaisa les diverses contrées soumises et reçut leurs hommages au fil des ans. Naguère, lorsque les confins occidentaux se tournèrent vers nous et nous suivirent comme l’ombre, j’ai pensé avec diligence à continuer [son œuvre] : les monastères de Puning, Anyuan et Pule sont précisément ceux que j’ai faits à la suite de Puren et Pushan. À présent que l’État rencontre une grande fête, prolongeant sa vaste abondance, ce temple vient d’être achevé : l’école des Trois véhicules en trouve réellement le point de convergence. Là résonnent les clochettes précieuses et tourne la roue d’or ; aux passes, les oiseaux portent les sons de la musique brahmique, et sur la terre des confins croissent les fruits de la bodhi. Les croyants de toutes les contrées adorent et se réjouissent, estimant obtenir ce qui n’avait jamais été. Et les Torguts, qui s’étaient naguère engagés en Russie, considérant que celle-ci était une voie étrangère et non le siège de l’enseignement jaune, abandonnèrent tous les pâturages de l’Ejil (la Volga) et, menant leurs tribus entières de dizaines de milliers de personnes, pendant plus d’une demi-année, parcoururent plus de dix mille li. Le cœur incliné vers l’allégeance, ils arrivèrent précisément à ce moment pour venir contempler [le temple] : bonne cause et fruit de félicité, il y a là vraiment de l’inconcevable. Ainsi le Potala de la résidence de montagne est un avec le Potala du Tibet, un aussi avec le Potala de l’Inde — et avec le Potala de la mer du Sud, pourquoi ne serait-il pas un de même ?
然一推溯夫建庙所由来,而如不如又均可毋论。即如如之本义,岂外是乎?岂外是乎?
Mais si l’on remonte à l’origine de la construction de ce temple, alors [la question de savoir s’il est] pareil ou non peut n’être point discutée. Le sens originel de l’« ainsi-ainsi » (tathata) — serait-il en dehors de cela ? Serait-il en dehors de cela ?
先是,群藩合辞请进千佛像,恳款弗可却,因命就庙中庋阁奉之。别有记,不复详缀,为说偈曰:我闻赡部洲,古德有道场。
Auparavant, les diverses principautés avaient d’une même voix demandé à offrir mille statues de Bouddha ; leur instance fervente ne pouvant être repoussée, j’ordonnai qu’on les conserve et vénère dans un pavillon du temple. Un autre texte le consigne ; je ne le détaille pas de nouveau ici, et je compose ce gatha : J’ai entendu dire que sur le continent Jambudvipa, les anciens vertueux avaient un lieu de la Voie.
天龙各护持,名四大结聚。
Les dieux et les dragons les protègent chacun ; on les nomme les quatre grandes assemblées.
九华及二峨,五台亦初地。
Le Jiuhua et les deux Emei, le Wutai aussi, sont des terres premières [du chemin].
普陀南海南,观自在所住。
Le Potala, au sud de la mer du Sud, est la demeure de Guanzizai (Avalokiteshvara).
其言限方所,不出边邪见。
Dire qu’il est limité à un lieu, ce n’est pas sortir de la vue fausse des extrêmes.
譬如一搩手,眯万亿由旬。
De même qu’une seule main levée voile à l’œil des billions de yojanas.
若人证三摩,要令不失故。
Si quelqu’un veut réaliser le samadhi, qu’il veille à ne pas perdre cela.
卫藏妙庄严,竺乾祖庭意。
La merveilleuse parure du Tibet (Ü-Tsang) porte le sens de la cour des patriarches de l’Inde.
兴桓足香界,成此大胜因。
Il s’élève ici, stable, un monde de parfum : s’accomplit cette grande cause de victoire.
百部诸贤王,合十聆呗赞。
Les cent tribus et leurs sages princes, paumes jointes, écoutent les hymnes de louange.
塞土黄金色,是处菩萨面。
La terre des confins prend la couleur de l’or : ici se montre le visage du bodhisattva.
其前罗汉峰,磬石为犍椎。
Devant lui, le pic des Arhats, où la pierre sonore tient lieu de gandî.
举似象王岩,非离亦非即。
On le compare au rocher du Roi des éléphants : ni séparé, ni identique.
其下狮子沟,武列功德水。
À ses pieds, la vallée du Lion, et le Wulie, fleuve des mérites.
举似铁莲洋,无垢亦无净。
On le compare à l’océan du Lotus de fer : ni souillure, ni pureté.
能具等正觉,皆作如是观。
Qui peut posséder l’éveil parfait et égal contemple ainsi toutes choses.
五十三参竟,还叩两足尊。
Les cinquante-trois visites [de Sudhana] achevées, l’on revient se prosterner devant le Vénéré aux deux pieds.
长现调御相,为说无生法。
Il manifeste à jamais la forme du Dompteur [des hommes], et expose le Dharma de la non-naissance.
Zhiguo Lun (Discours sur la connaissance de ses fautes)
予去岁为古稀说,历数古来粃政之过,曰强藩,曰外患,曰权臣,曰外戚,曰女谒,曰宦寺,曰奸臣,曰佞幸,而幸今都无其事,非骄也,盖纪其实,且以自励也。然则予遂无过乎?曰:有为何过?曰:为兴工作。盖予承国家百年熙和之会,且当胜朝二百余年废弛之后,不可无黻饰,壮万国之观瞻。四十余年之间,次第兴举。内若坛庙宫殿、京城、皇城、禁城、沟渠、河道,以及部院衙署,莫不为之葺其坏,新其蒨;外若海塘、河工、城郭堤堰,莫不为之修其废,举其湮。是皆有关国政,则胥用正帑,物给价,工给值,而弗兴徭役,加赋税以病民。他若内而西苑、南苑、畅春园、圆明园以及清漪、静明、静宜三园,又因预为菟裘之颐,而重新宁寿宫,别创长春园,外而盛京之属城,式筑其颓。
L’an dernier, j’ai composé le Discours des soixante-dix ans, énumérant une à une les fautes des mauvais gouvernements d’autrefois : les vassaux puissants, les invasions étrangères, les ministres tout-puissants, les parents par alliance, les intrigues de femmes, les eunuques, les ministres perfides, les favoris — et par bonheur rien de tout cela n’existe aujourd’hui ; ce n’est pas orgueil, c’est consigner le réel et m’en encourager moi-même. Mais alors, suis-je donc sans faute ? Je dis : il y en a une. Quelle faute ? Je dis : c’est d’entreprendre des travaux. Car j’ai hérité d’un État jouissant d’un siècle de concorde florissante, et après plus de deux cents ans de relâchement de la dynastie précédente, il ne pouvait manquer d’ornement pour grandir l’aspect que voient les dix mille royaumes. En quarante ans et plus, ils ont été entrepris l’un après l’autre. Au-dedans : les autels et les temples, les palais, la ville impériale, la ville royale, la ville interdite, les canaux et les rivières, jusqu’aux bureaux des ministères et des cours — partout j’ai fait réparer ce qui était brisé, renouveler ce qui était vétuste ; au-dehors : les digues de mer, les travaux des fleuves, les murailles des villes et les levées — partout j’ai fait relever ce qui était délaissé, dégager ce qui était comblé. Tout cela touche au gouvernement de l’État : on y a donc employé partout les fonds réguliers du trésor, payant le prix des matériaux et le salaire des ouvriers, sans lever de corvées ni augmenter les impôts au détriment du peuple. Quant au reste — au-dedans, le parc de l’Ouest, le parc du Sud, le jardin de la Longue jeunesse, le jardin de la Parfaite clarté, ainsi que les trois jardins Qingyi, Jingming et Jingyi ; et comme je prévoyais d’avance une retraite pour mes vieux jours, j’ai en outre restauré le palais de la Tranquille longévité et créé à part le jardin du Long printemps ; au-dehors, dans les villes dépendant de Shengjing (Moukden), j’ai fait rebâtir ce qui tombait en ruine.
永陵、福陵、昭陵陪都宫殿,胥肯构以轮𭑏。又景陵、泰陵往来之行宫,以及热河往来之行宫,避暑山庄、盘山之静寄山庄,更因祝厘而有普陀宗乘之庙,延班禅而有须弥福寿之庙,以至溥宁、普乐、安远诸寺,无不因平定准夷,示兴黄教,以次而建。是皆弗用正帑,惟以关税盈余及内帑节省者,物给价,工给值,更弗兴徭役,加赋税以病民。夫弗兴徭役、加赋税,则虽有工作,闾阎本不知,而物给价,工给值,贫者且受其利,是实我朝之善政。家法,是以各省偶遇水旱,率兴工作,有以工代赈之请,而内之司园囿工程者,且或以其年无工作为苦。如是,则所为兴工作者为无过矣。而予引以为过者,盖心有所萦繋,必有所疏忽,得毋萦繋𪱸小,而或有迹忽𪱸大者乎?夫小者,游目赏心是也;大者,敬天勤民是也。
Les mausolées Yongling, Fuling et Zhaoling et les palais de la capitale secondaire, tous ont été reconstruits dans leur splendeur. De même les palais de voyage sur la route des mausolées Jingling et Tailing, ainsi que ceux de la route de Rehe, la résidence d’été et la villa Jingji du mont Pan ; et encore, pour prier pour la félicité, le temple de Putuo Zongcheng, et pour inviter le panchen lama, le temple de Sumeru Bonheur et Longévité, jusqu’aux monastères de Puren, Pule et Anyuan — tous furent bâtis l’un après l’autre pour marquer la pacification des Dzungars et manifester l’essor de l’enseignement jaune. Tout cela n’a point usé des fonds réguliers, mais seulement des excédents des droits de douane et des économies du trésor intérieur, payant le prix des matériaux et le salaire des ouvriers, et encore sans lever de corvées ni augmenter les impôts au détriment du peuple. Si l’on ne lève ni corvées ni impôts nouveaux, alors, même s’il y a des travaux, les gens des hameaux ne s’en aperçoivent pas ; et si l’on paie le prix des matériaux et le salaire des ouvriers, les pauvres en tirent même profit : c’est vraiment la bonne politique de notre dynastie, une loi de maison. C’est pourquoi, quand une province rencontre inondation ou sécheresse, on y entreprend des travaux, et l’on demande à remplacer l’aide par l’emploi ; et ceux qui, au palais, sont chargés des travaux des jardins vont jusqu’à trouver pénible une année sans travaux. Ainsi donc, entreprendre des travaux ne serait pas une faute. Mais la raison pour laquelle je le tiens pour une faute, c’est que le cœur qui a quelque attache a sûrement quelque négligence : ne se pourrait-il pas que l’attache porte sur le petit, tandis que la négligence tombe sur le grand ? Le petit, c’est ce qui réjouit l’œil et le cœur ; le grand, c’est révérer le Ciel et se dévouer au peuple.
Qinding Rehe Zhi (Chronique impériale de Rehe)
递肖何妨屡普陀,〈普陀有三:一居额讷特珂克,即印度;一居图伯特,即西藏;一居南海。而西来因缘,则始自印度,而西藏,而南海。南海特大士行教示现之所,印度又远不可稽,惟西藏都纲法式具备,因于山庄北麓,仿其制为之。〉金刚四句括无多。层楼金瓦辉香象,偏袒黄衣演法螺。虔为祝厘开八秩,会逢归极仰三摩。〈今岁恭遇皇太后八旬万寿,因建此庙,庆迓慈禧。兹届蒇工庆落会,土尔扈特汗渥巴锡等适至,以其素重黄教,命往瞻礼,俾益深感悦。〉撰良庆落欣瞻礼,曰罪曰知且付他。
Que l’on imite trait pour trait, qu’importe, le Potala une fois de plus 〈il y a trois Potala : l’un est à Enetkek, c’est-à-dire l’Inde ; l’un au Tubet, c’est-à-dire le Tibet ; l’un dans la mer du Sud. Et la chaîne des causes venues de l’Occident commence en Inde, passe au Tibet, puis à la mer du Sud. La mer du Sud n’est qu’un lieu où le Grand Être s’est manifesté en cheminant pour enseigner ; l’Inde est en outre trop lointaine pour être vérifiée, et seul le Tibet possède un modèle monastique dont la règle et les formes sont complètes — c’est pourquoi, au pied nord de la résidence de montagne, nous l’avons bâti à l’imitation de celui-là.〉 ; les quatre lignes du Diamant résument en peu de mots. Les étages superposés et les tuiles d’or resplendissent sur l’éléphant parfumé ; l’épaule découverte sous l’habit jaune, l’on joue de la conque du Dharma. Pieusement, pour prier en faveur [de ma mère], s’ouvre le huitième rang d’années ; à la rencontre de ceux qui reviennent au pôle, l’on contemple le samadhi 〈cette année, nous rencontrons respectueusement le quatre-vingtième anniversaire de l’impératrice douairière ; c’est pour cela que ce temple a été construit, pour fêter et accueillir sa bienveillante joie. Or voici venu le moment d’achever les travaux et de fêter l’inauguration : le khan des Torguts Ubashi et les autres arrivent justement ; comme ils honorent depuis toujours l’enseignement jaune, je leur ai ordonné d’aller le contempler et le vénérer, afin d’accroître encore leur profonde joie.〉. Le bon jour choisi, la fête de l’achèvement, joyeusement l’on vient contempler ; quant à dire « faute » ou « connaissance », laissons cela à d’autres.
震旦惟南海,山庄护北峰。庄严犹绪事,清净是真宗。优钵含风灿,贝多带露浓。盘旋清跸返,听远隔林钟。
À la Chine il n’est que la mer du Sud ; la résidence de montagne, elle, protège le pic du Nord. La parure n’est encore qu’une œuvre commencée ; la pureté est la véritable école. Les utpala resplendissent au vent ; les feuilles de pattra sont lourdes de rosée. Tandis que je m’attarde et reprends la route dégagée [du cortège], j’écoute, lointaine, la cloche au-delà des bois.
Qing Shilu (Annales véridiques des Qing)
谕:据英廉奏:重修布达拉庙工程,应令原办之匠头等按照成数分赔,即于应领工价内次第扣除等语。该匠头等办工草率,致有坍坏闪裂等事,按例分赔,实属咎无可辞。第念伊等执役营生,小人牟利,乃其常态。监督等每日在工董察匠役等做工如何,皆可真知灼见。如查有偷工减料之处,即可随时责惩,驳斥另做。伊等自皆尽心供役,不敢任意侵肥,草率贻误。是布达拉工程,从前办理不能坚固,罪在监督人员,而不在匠头人等。所有英廉奏请将原办匠头等派令重修,于应领工价内扣除赔缴之处,著加恩宽免。该匠头等自应感发天良,实心承办,以期工程经久完善。倘敢复蹈前辙,致所做工程仍不坚久,则是伊等不复具有人心,必令照数分赔,按名追缴,并当查明重治其罪,以示惩儆。著福隆安将朕此旨出示晓谕工匠人等知之。
Édit : D’après le mémoire d’Yinglian : pour les travaux de reconstruction du temple du Potala, il conviendrait d’ordonner aux chefs-artisans qui s’en chargèrent à l’origine d’en rembourser une part selon l’état [des travaux], en la retenant par fractions sur le prix des ouvrages qu’ils doivent recevoir, etc. Que ces chefs-artisans aient travaillé négligemment, au point qu’il y ait eu effondrements, fissures et déformations, et qu’ils remboursent selon la règle, voilà en vérité une faute qu’ils ne sauraient excuser. Mais considérons que ces gens-là servent pour vivre, et que le petit peuple courant après le profit est dans la nature des choses. Les surveillants, présents chaque jour au chantier pour inspecter le travail des artisans, peuvent en avoir une connaissance vraie et certaine ; s’ils découvrent des économies sur la main-d’œuvre et les matériaux, ils peuvent à tout moment punir, rejeter et faire refaire. Les artisans, dès lors, serviront tous de grand cœur, sans oser s’enrichir indûment ni gâcher l’ouvrage par négligence. Si donc les travaux du Potala n’ont pu être conduits solidement autrefois, la faute en est aux surveillants, non aux chefs-artisans. Toute la demande d’Yinglian de faire réparer par les chefs-artisans d’origine, en retenant le remboursement sur le prix des ouvrages qui leur est dû — qu’il leur soit accordé, par grâce, remise. Ces chefs-artisans devront d’eux-mêmes sentir le devoir de leur conscience, s’acquitter honnêtement de leur tâche, afin que l’ouvrage soit durable et parfait. S’ils osent retomber dans leurs anciennes voies, au point que l’ouvrage reste sans solidité ni durée, c’est qu’ils n’ont plus de cœur humain : on les fera rembourser selon le compte, en poursuivant chacun nominativement, et l’on sévira contre leur crime après enquête, pour servir d’avertissement. Que Fu Long’an affiche cet édit et le fasse connaître aux artisans.
谕军机大臣等:热河布达拉庙月台红墙闪裂坍塌,现将承办之大臣、监督等分别议处,责令按股赔修。如永和、什宝、萨哈亮等皆革去顶带效力。寅著、全德均系始终承办之人,现据英廉奏请将二人革职回京候旨,亦属罪所应得。即不然,亦应照内务府官员之例,革去顶带留任。但念伊等现在外省管理关务,若身无顶带,于外省体制攸关,且恐一切呼应不灵,于公事无益。寅著、全德均著加恩免革顶带,并免其革职。至其应赔之项,伊等所得外任养廉本优,尚属力能赔缴,俟赔修工程估有成数,即著寅著、全德于此内。分赔十分之四。如别股有不能赔完者,仍应在英廉及伊等名下摊赔。寅著全德各宜知朕格外从宽恩意,倍加感发天良,黾勉赔缴,庶可稍赎前愆。倘或观望逡巡,不思效诚竭力,即属毫无人心,仍必将伊等重治其罪。明山保原系兼管照料,并未经手工程。所有此次应赔银两,著加恩免其分赔,并不必治罪。至现在修葺工程,有应需人夫车辆及巡缉贼匪事宜,本系地方官之责,仍令明山保照上届兼管照料。倘明山保意存观望,不肯实心料理,经朕闻知,即将应赔之项,令明山保一体分赔。
Édit aux conseillers des affaires militaires et autres : le mur rouge de la terrasse du temple du Potala de Rehe s’est déformé, fendu et effondré ; les grands ministres qui s’en chargèrent et les surveillants sont maintenant jugés séparément, et contraints de réparer en se partageant les frais par quotes-parts. Ainsi Yonghe, Shibao, Sahaliang et d’autres se sont vu ôter bouton et ceinture et mis à l’épreuve. Yinzhu et Quande, qui tous deux s’en chargèrent du début à la fin — Yinglian demande à présent qu’ils soient destitués et rappelés à la capitale pour y attendre les ordres ; c’est aussi une peine méritée. À défaut, ils devraient, selon l’exemple des fonctionnaires de la Maison impériale, être privés de bouton et de ceinture tout en restant en poste. Mais considérons qu’ils administrent actuellement les douanes en province ; s’ils étaient sans bouton ni ceinture, cela toucherait au protocole de la province, et je crains que tout appel ne trouvât plus de réponse, ce qui ne servirait pas les affaires publiques. Yinzhu et Quande : qu’il leur soit fait grâce de la destitution de bouton et de ceinture, et qu’ils soient aussi dispensés de destitution. Quant à la somme qu’ils doivent rembourser, l’allocation d’intégrité qu’ils touchent à leur poste extérieur est confortable, et ils sont bien en mesure de payer ; lorsque l’estimation des travaux de réparation aura été faite, Yinzhu et Quande y contribueront à raison de quatre dixièmes. Si d’autres cotisants ne peuvent achever de payer, le reste sera réparti à la charge d’Yinglian et des leurs. Yinzhu et Quande doivent connaître cette faveur exceptionnelle de clémence, redoubler de conscience et s’empresser de payer, afin de racheter quelque peu leur faute passée. S’ils hésitent et temporisent sans penser à s’acquitter loyalement, c’est qu’ils n’ont plus de cœur humain, et l’on sévira alors contre leur crime. Mingshanbao n’était que chargé adjoint de la surveillance, sans avoir manié les travaux ; tout l’argent qu’il devrait rembourser en cette affaire — qu’il lui soit, par grâce, dispensé d’y cotiser, sans qu’il soit besoin de le punir. Quant aux travaux de réparation en cours, les corvées d’hommes et de chariots et la poursuite des brigands relèvent par principe des fonctionnaires locaux ; que Mingshanbao, comme la fois précédente, s’en charge adjointement. Si Mingshanbao se tient à l’écart et refuse d’y mettre du sien, dès que j’en serai informé, la somme à rembourser sera mise à la charge de Mingshanbao comme des autres.
Shizhai Shiji (Recueil de poèmes du studio Shizhai)
持节曾教护坐床,攒招异域每难忘。谁知塞上巡行日,重睹西天选佛场。彩塔媥斓光最胜,碉楼摩豁式俱方。使臣偶尔来瞻礼,又惹黄衣迎送忙。
Jadis, porteur des insignes, j’ai eu charge de veiller sur l’intronisation [d’un lama] ; les temples que j’y ai vus, en terre étrangère, restent à jamais inoubliables. Qui aurait dit qu’en ce jour d’inspection au-delà des passes, je reverrais ce champ d’élection des bouddhas de l’Occident ? Pagodes bigarrées, dont l’éclat est le plus beau ; tours de pierre hautes et larges, toutes carrées de forme. Un envoyé vient par hasard contempler et vénérer — et voilà les robes jaunes affairées à l’accueillir et à le reconduire.
Hushan Shiji (Recueil de poèmes du mont Hushan)
西天佛所此规为,皇化宗风共仰之。瑞霭千重连印度,宝光五色现摩尼。慈云晓覆松承盖,甘露秋垂柳亚枝。祝嘏祐民徕远服,圣人情喜见乎诃。
Ce que le Bouddha de l’Occident possède, on le reproduit ici ; la transformation impériale et le vent de l’école, tous les contemplent avec respect. Les brumes propices s’étendent en mille couches jusqu’à l’Inde ; l’éclat précieux aux cinq couleurs manifeste le mani. Le nuage de compassion couvre au matin les pins comme un dais ; la rosée sucrée pèse en automne sur les saules qui ploient leurs branches. Prier pour la félicité, protéger le peuple, attirer les lointaines contrées : la joie du sage s’en lit sur son front.
Jiaolitang Wenji (Recueil des œuvres de la salle Jiaoli)
化人宗喀巴,黄教所称最。嗣法二弟子,愿力极广大。
Tsongkhapa, le transformateur des hommes, le plus grand que l’enseignement jaune célèbre ; deux disciples héritèrent de sa Loi, dont le vœu fut immense.
其次曰班禅,其长即达赖。
Le second s’appelle le panchen, l’aîné est le dalaï-lama.
所居布达拉。殿宇悉珠则,西北诸藩服,信之若蓍蔡。滦阳行在所,岁岁纪王会。
Leur demeure est le Potala. Les salles et pavillons rivalisent de perles ; les principautés du Nord-Ouest y croient comme à l’achillée et à la tortue [divinatoires]. À Luanyang, la résidence de voyage, la réunion royale est consignée chaque année.
特命创兹庙,用以示无外。
Par commande spéciale fut créé ce temple, pour montrer que rien n’est au-dehors.
随俗以施教,八方其安泰。
Suivant les coutumes pour dispenser l’enseignement, les huit directions en ont paix et quiétude.
飞甍饰朱丹,崇墉植松桧。九品装莲台,七宝拥芝盖。
Les faîtes ailées se parent de cinabre et de vermillon, les hautes murailles se plantent de pins et de cyprès. Les neuf degrés garnissent les trônes de lotus, les sept joyaux entourent le dais de champignons [auspices].
琅函时讽诵,妙相务雕绘。桀子与悍夫,睹此辄惩艾。
Les coffrets précieux [des écritures] sont psalmodiés sans cesse ; les images merveilleuses rivalisent de sculpture et de peinture. Les hors-la-loi et les hommes violents, à cette vue, aussitôt se corrigent.
上者言性命,下者讲利害。始知象教力,半属怖聋昧。
Les plus élevés parlent de nature et de destin, les moindres discutent de profit et de perte. On sait alors que la force de l’enseignement des images relève pour moitié de l’épouvante des sourds et des aveugles.
空阶立移时,花雨落雱霈。意得言辄忘,微风响天籁。
Longtemps je me tiens sur les marches désertes, tandis qu’une pluie de fleurs tombe drue. Le sens obtenu, aussitôt les mots s’oublient ; une brise légère fait entendre les sons du ciel.
Qinding Baqi Tongzhi (Histoire générale des Huit Bannières, établie par ordre impérial)
九月,奏言:“唐三营官仓向贮米万二千石。乾隆四年,热河总管巴图奏定五年一次运至热河喀喇河屯贮仓,搭放兵饷,仍将热河同知添买兵米拨万二千石,运赴唐三营仓归款。五年后仍照前运至热河喀喇河屯仓,往返徒滋糜费。请将唐三营米于此次运喀喇河屯后,毋庸再为拨抵,将唐三营空仓归热河四旗二厅分贮,采买米谷。唐三营原设千总一、兵三十,移驻布达拉庙。又奏言:古北口为畿辅重镇,兵糈向借口外贩运,应请拨热河厅谷六千石、四旗厅谷四万石,喀喇河屯谷一万四千石,运古北口建仓存贮,并移驻满缺同知一员经理。停密云县采买兵米,即于古北口仓内动支。”并允行。
Au neuvième mois, [Yang Tingzhang] présenta un mémoire : « Le grenier public du Troisième camp des Tang conserve d’ordinaire douze mille shi de riz. En la quatrième année de l’ère Qianlong, Batu, l’intendant général de Rehe, fixa qu’une fois tous les cinq ans [ce riz] serait transporté au grenier de Karahetun, à Rehe, pour la solde des troupes, et que douze mille shi de riz acheté en supplément par le sous-préfet de Rehe seraient envoyés au grenier du Troisième camp des Tang pour rembourser. Au bout de cinq ans, on transportait de nouveau comme avant au grenier de Karahetun de Rehe : ces allers et retours ne font que multiplier les frais. Je demande que le riz du Troisième camp des Tang, après ce transport à Karahetun, ne soit plus remplacé de la sorte, et que le grenier vide du Troisième camp des Tang soit réparti entre les quatre bannières et les deux sous-préfectures de Rehe pour y conserver le riz et les grains achetés. Quant au qianzong et aux trente soldats stationnés à l’origine au Troisième camp des Tang, qu’ils soient transférés au temple du Potala. » Il présenta aussi un mémoire : « Gubeikou est une place forte de la région métropolitaine ; les vivres de ses troupes dépendent d’ordinaire du commerce au-delà des passes. Je demande que soient prélevés six mille shi de grains de la sous-préfecture de Rehe, quarante mille shi de la sous-préfecture des quatre bannières et quatorze mille shi de Karahetun, transportés à Gubeikou pour y bâtir un grenier, avec le transfert d’un sous-préfet mandchou pour l’administrer ; et que l’achat de riz pour les troupes par le district de Miyun cesse, la dépense se faisant désormais dans le grenier de Gubeikou. » Les deux demandes furent approuvées.
Chengde Fu Zhi (Chronique de la préfecture de Chengde)
狮子岭三在府治西北九里岭势奇伟如狻猊俯听帖依莲座故名岭下为狮子园岭之东地势闳敞名狮子沟凡普陀宗乘诸巨刹皆建于此
Le mont du Lion, à neuf li au nord-ouest du chef-lieu de la préfecture, a une allure singulière et majestueuse : comme un lion (suanni) penché à l’écoute, appliqué contre un trône de lotus — d’où son nom. Au pied du mont se trouve le jardin du Lion ; à l’est du mont, le terrain s’ouvre large et s’appelle la vallée du Lion : c’est là que furent bâtis tous les grands monastères, dont le Putuo Zongcheng.
普陀宗乘庙千总一员,副千总三员。守卫兵二百一十四名。
Au temple Putuo Zongcheng : un capitaine de compagnie (qianzong) et trois capitaines adjoints. Deux cent quatorze soldats de garde.
Renzong Rui Huangdi Shengxun (Instructions sacrées de l’empereur Renzong Rui)
上谕内阁本年节候较早天气渐寒大学士庆桂年逾七旬现有腿疾不必随进木兰著留住热河会同征瑞察看普陀宗乘庙工俟回銮时迎至中关接驾随扈回京以示体恤
Édit à la grande secrétairerie : cette année, la saison est plus précoce et le temps se refroidit peu à peu ; le grand secrétaire Qinggui, âgé de plus de soixante-dix ans et souffrant des jambes, n’a pas à accompagner [la cour] à Mulan — qu’il reste à Rehe et qu’il examine, de concert avec Zhengrui, les travaux du temple Putuo Zongcheng ; lorsque le char impérial reviendra, qu’il vienne à notre rencontre à Zhongguan pour recevoir le cortège, puis suive la suite jusqu’à la capitale — afin de marquer notre sollicitude.
Dong Meng Youji (Notes de voyage en Mongolie orientale)
凡普陀宗乘诸巨刹俱建此。下为狮子园,俗呼狮子沟。街有阀阅,市廛多旗户,有旅店巳闭。
Tous les grands monastères, dont le Putuo Zongcheng, furent bâtis ici. En contrebas se trouve le jardin du Lion, que le peuple appelle la vallée du Lion. La rue a des portails honorifiques ; les maisons du marché sont pour la plupart des foyers de bannières ; il y a une auberge déjà fermée.
Photographies anciennes
Entre 1900 et 1902
L’Ein Tagebuch in Bildern (Un journal en images), photographié par Alfons von Mumm entre son départ pour la Chine en juillet 1900 et juillet 1902 et compilé en 1902, conserve une série de vues anciennes du temple de Putuo Zongcheng intitulées « Putala ». Les six photographies enregistrent respectivement une vue d’ensemble du monastère, une vue latérale de la Grande terrasse rouge, la vue depuis l’intérieur du temple vers le mur nord de la résidence d’été, le portique à trois travées, la cour intérieure du point culminant et le bâtiment principal de la Grande terrasse rouge. Le livre original n’indique pas de date de prise de vue précise pour l’étape de Rehe ; on lui donne donc ici la période photographiée de l’album entier.






Début du XXe siècle
Le Baukunst und Landschaft in China (L’architecture et le paysage en Chine), dirigé par Ernst Boerschmann et publié en 1926, conserve deux vues anciennes du temple de Putuo Zongcheng. La vue d’ensemble du côté sud-est reproduit, d’après la notice de la planche originale, une photographie ancienne conservée au Kunstgewerbemuseum de Berlin ; la vue rapprochée de la Grande terrasse rouge du côté sud-ouest appartient aux photographies prises par Boerschmann pendant ses voyages d’étude en Chine de 1906 à 1909.


1924-1927
Le quatrième volume de l’Album photographique de Gamble, pris par Sidney D. Gamble à Chengde entre 1924 et 1927, conserve deux vues anciennes intitulées « temple de Putuo Zongcheng (Petit Potala) », qui enregistrent le groupe de bâtiments de montagne de loin, devant le temple, et de près.


1932
Le Jehol: City of Emperors (Jehol : la ville des empereurs), publié par Sven Hedin en 1932, conserve une série de vues anciennes intitulées « The Potala ». On retient ici la perspective regardant l’intérieur du temple depuis la porte voûtée centrale du portique, ainsi que le pavillon Cihang Pudu, seul à subsister sur le toit de la Grande terrasse rouge après l’effondrement des pavillons-abris.


1934
Le numéro 120 des Grandes vues de l’Asie, publié en 1934 par la société des Grandes vues photographiques de l’Asie, conserve une série de vues anciennes du temple de Putuo Zongcheng, sans signature du photographe. Sa vue d’ensemble, sa vue en contre-plongée de la pente de la Grande terrasse rouge et sa vue rapprochée du mur extérieur enregistrent, à trois échelles de loin en près, le groupe de bâtiments déployé le long du relief.



Entre 1933 et 1946
L’album de Rehe de l’Album chinois de Hedda Morrison, photographié et assemblé par Hedda Morrison entre environ 1933 et 1946, conserve une série de vues anciennes intitulées « Potala », qui enregistrent le portique à trois travées du temple, la Grande terrasse rouge, la tour de pierre circulaire et les toits des salles.




Références
- Alfons von Mumm, Ein Tagebuch in Bildern (Un journal en images), Berlin, Graphische Gesellschaft, 1902.
- Yang Xu, « Recherche sur l’état originel de l’architecture du temple de Putuo Zongcheng de Rehe sous le règne de Qianlong », Journal du Musée du Palais, no 1 (2013).