Introduction
À l’ère Zhengguang des Wei du Nord, le maître chan Fading vint au mont Fang. La tradition rapporte qu’en entrant dans la montagne il fut précédé d’un serpent azur, que deux tigres portaient les sutras, et qu’un lièvre blanc et deux grues apparurent aussi dans la montagne. Devant ces prodiges, les gens du pays lui bâtirent une demeure et le prièrent de rester dans la montagne pour prêcher la Loi et former des disciples ; fidèles et donateurs affluèrent alors, et le monastère s’éleva peu à peu dans la vallée. La construction se heurta aussi à la pénurie d’eau : on raconte qu’après que les deux grues eurent volé en criant au-dessus d’un lieu, deux sources y jaillirent.
Au début des Tang, un enfant de moins de dix ans nommé Shanzi vint au mont Fang depuis la région qui s’étend de l’actuelle Anyang, au Henan, jusqu’à Daming, au Hebei. On raconte qu’il se jeta dans le vide pour chercher la Voie, et qu’avant que son corps n’eût atteint la moitié de sa chute, il fut enveloppé de nuages auspicieux aux cinq couleurs et emporté vers l’ouest ; moines et laïcs du monastère entendirent aussi une musique venant du ciel. On creusa alors la montagne en une niche et l’on y dressa une statue en sa mémoire. En la cinquième année de l’ère Huichang (845), la proscription du bouddhisme endommagea les statues de la niche. En la cinquième année de l’ère Dazhong, la cour autorisa la réouverture d’un vihara sur l’ancien emplacement : le monastère commença à être reconstruit et les statues de pierre de la niche furent redécorées. Lorsque la stèle fut dressée en la huitième année de l’ère Dazhong (854), la niche de pierre comptait neuf images — Maitreya, des bodhisattvas gardiens et des animaux divins — et les noms de plus de deux cents donateurs furent également gravés sur la stèle.
À l’ère Jingde des Song, la cour conféra le nom de « temple Lingyan-Jingde ». À l’ère Jingyou, l’abbé Qionghuan construisit à l’est des salles communes un édifice à deux étages ; plus tard, on ajouta encore des salles, on nivela la terre et l’on entassa des pierres, on combla le ravin de montagne pour en faire des galeries couvertes. En la deuxième année de l’ère Zhihe (1055), les salles, galeries, cuisines, magasins et cellules de moines du monastère comptaient au total cinq cent quarante travées, avec cent cinquante moines et novices. Chaque année au printemps et en été, des pèlerins de proche et de loin montaient à la montagne chargés de biens, et les aumônes reçues chaque année par le monastère se comptaient par milliers ; après avoir fourni les repas d’offrande, il restait encore des excédents. Mais durant les ères Qingli et Huangyou, les famines se succédèrent : parmi ceux qui jadis montaient pour entretenir le monastère, sur mille personnes à peine une ou deux venaient encore ; la plupart des moines se dispersèrent et il n’en resta qu’un petit nombre, et le monastère ne connut plus sa prospérité d’autrefois.
En la troisième année de l’ère Xining (1070), le temple Lingyan changea son mode traditionnel de succession abbatiale et commença à inviter des moines de toutes les régions à diriger les affaires du monastère. En la sixième année de l’ère Xining (1073), le maître chan Yuan de Yangtian, de l’école Yunmen, vint transmettre la Loi au monastère, et l’étude du chan s’y épanouit dès lors ; par la suite, l’abbatiat ne fut plus réservé à une seule école.
Sous la dynastie des Jin, le temple Lingyan comptait encore plus d’une centaine de moines. Pour entretenir ces cent et quelques personnes, environ les deux tiers des dépenses de nourriture et d’habillement du monastère provenaient des champs et des jardins qui lui appartenaient. En la sixième année de l’ère Dading (1166), la cour des Jin assouplit les interdictions touchant les forêts de montagne et permit au peuple d’y couper du bois de chauffe et de construction : les forêts de montagne jusqu’alors protégées furent successivement abattues dans toutes les régions. Le temple Lingyan produisit de vieilles stèles et des actes officiels prouvant que la forêt appartenait au monastère, et put ainsi la préserver. En la troisième année de l’ère Mingchang (1192), l’administration autorisa de nouveau le peuple à couper dans la forêt du temple Lingyan. Après sa plainte, l’abbé Guangchen n’en recouvra qu’un ou deux dixièmes ; deux ans plus tard, il se rendit à la capitale pour poursuivre sa requête et recouvra alors la totalité des anciennes terres. En la sixième année de l’ère Mingchang (1195), le monastère grava de nouveau la stèle des terres et jardins, y consignant le déroulement du litige pour en laisser aux générations futures la preuve leur permettant de protéger le patrimoine du monastère.
En la vingt-quatrième année de l’ère Zhiyuan (1287), voyant que les moines du monastère avaient besoin de textes pour l’exposé et la récitation, l’abbé Baofeng Shun envoya des gens au temple Puning de Hangzhou, où ils achetèrent plus de cinq mille rouleaux de sutras, de Vinaya et de traités. Deux ans plus tard, les écrits parvinrent à Changqing et furent provisoirement déposés dans la salle des Cinq Fleurs. Durant les quarante-cinq années qui suivirent, le monastère ne parvint pas à élever une salle spécialement destinée à conserver les écrits, sans qu’on sache pour quelle raison précise. Ce n’est qu’en 1335 que l’abbé Xi’an Rang commença à préparer le bois et la main-d’œuvre nécessaires à la construction de la salle. Peu après, invité ailleurs, il quitta le temple Lingyan pour le temple Shaolin ; l’abbé suivant, Dingyan, reprit le chantier et décida de bâtir la salle sur les fondations de l’ancien édifice de conservation des écrits du monastère, en y réaffectant le bois initialement destiné à la réparation de la porte extérieure de la montagne. La salle du Dépôt du Dragon fut commencée à l’hiver 1336 et achevée à l’été 1340 ; elle comptait trois travées, et les plus de cinq mille rouleaux d’écrits eurent enfin un lieu où être déposés.
De la quatorzième à la dix-septième année de l’ère Wanli (1586-1589), Changqing subit coup sur coup sécheresse, grêle et gelées, et les récoltes de blé et de céréales furent maigres. En la dix-huitième année de l’ère Wanli (1590), les moines du temple Lingyan s’étaient déjà dispersés à cause de la famine, les salles et pavillons s’étaient délabrés sous l’assaut du vent et du givre, les sources avaient cessé de couler et les arbres s’étaient clairsemés. Le palais du prince de De puisa dans le trésor de la principauté pour financer la restauration du monastère et envoya le fonctionnaire princier Chen Feng en superviser les travaux : la porte de la montagne et la Salle des Mille Bouddhas furent reconstruites. En la quatorzième année de l’ère Qianlong des Qing (1749), la salle du Dépôt du Dragon, construite sous les Yuan, fut détruite par un incendie. Les documents existants ne disent pas si les plus de cinq mille rouleaux d’écrits s’y trouvaient encore à ce moment-là.
Documents historiques
Xiu Fangshan Zhengming Gongde Ji (Chronique du mérite attesté de la restauration du mont Fang)
此山前面有石龛龛有石像从弥勒佛并侍卫菩萨至神兽计九躯案寺记云唐初有一童见名善子十岁已下自相魏间来于此山舍身未及半五云封之西去乃凿此山成龛立像旌之会昌五年毁天下有额佛寺五千余所兰若三万余所复僧尼二十六万七百余人此龛佛像微残大中五年奉旨许于旧踪再启精舍寺主闻于州县起立此寺有杭州盐官县人僧子儒俗姓董氏不远江湖访寻名迹至六年五月七日得度金采步饰方山证明功德施主二百余人一镌姓名于左其山龛在寺之艮直上可四里谤视沧溟有同蓬岛龛右有泉来从细窦玉液金浆泄石盆而已大唐大中八年四月八日镌记
Devant cette montagne se trouve une niche de pierre ; dans la niche il y a des statues de pierre : du Bouddha Maitreya aux bodhisattvas gardiens jusqu’aux animaux divins, neuf corps en tout. Selon la chronique du monastère : au début des Tang, il y eut un jeune novice nommé Shanzi, âgé de moins de dix ans, qui vint des régions de Xiang et de Wei jusqu’à cette montagne et se jeta dans le vide ; avant d’atteindre la moitié [de sa chute], des nuages aux cinq couleurs l’enveloppèrent et l’emportèrent vers l’ouest. On creusa alors cette montagne en une niche et l’on y dressa une statue pour le célébrer. En la cinquième année de l’ère Huichang furent détruits dans tout l’empire plus de cinq mille monastères bouddhiques dotés d’une plaque officielle et plus de trente mille aranya, et plus de deux cent soixante mille sept cents moines et nonnes furent renvoyés à la vie laïque ; les statues de cette niche furent légèrement endommagées. En la cinquième année de l’ère Dazhong, par décision impériale, il fut permis de rouvrir un vihara sur l’ancien emplacement ; le supérieur du monastère en informa la préfecture et le district, et ce monastère fut relevé. Il y avait un moine Ziru, originaire du district de Yanguan à Hangzhou, de nom laïque Dong, qui n’eut pas peur des fleuves et des lacs et vint visiter les sites illustres ; le septième jour du cinquième mois de la sixième année, il obtint l’ordination et, avec or et couleurs, décora pas à pas [les statues] — mérite attesté de [la restauration du] mont Fang. Les noms de plus de deux cents donateurs furent gravés un à un à gauche. La niche de cette montagne se trouve au nord-est du monastère, tout droit à environ quatre li ; de là, contempler la mer grise, c’est comme voir l’île de Penglai. À droite de la niche il y a une source qui vient d’une étroite fissure, liquide de jade et liqueur d’or, se déversant dans un bassin de pierre — voilà tout. Gravé et consigné le huitième jour du quatrième mois de la huitième année de l’ère Dazhong du Grand Tang.
Qizhou Jingde Lingyan Si Ji (Chronique du temple Lingyan-Jingde de Qizhou)
泰山西北阯,群山拥翼,连属百余里,摩空干云,秀拔万状。曲如列屏,削如立壁,矗如攒剑,锐如直圭。帏幌掩映,城堡环绕。虎兕奔突,龙蛇盘屈。崟为岩谷,岈为洞穴,断为溪涧,引为林麓。峰卓岭耸,峦跳𪩘叠,翠木荫蔚,飞泉激越。中有川焉,厥土衍沃,齐鲁通道出于其间。左一山特起,曰鸡鸣。缘北麓绝涧,循峪口上,东北走二十里,险尽地平。山势围抱,四面峭绝如堵墙。苍岩之下,绀殿崛起,峻塔贯云,宝楼结瑶,高门嵯峨,长廊连延,远而望若画图中物,即是寺也。按图经本希有佛出现之地。后魏正光年,法定师始置寺。有青蛇、白兔、双鹤、二虎之异。我朝景德方锡今额,先是旧制质略,率意缔构,因地任材,行列不次。景祐中,主僧琼环者,即众堂东,架殿两层,龟首四出。南向安观音像,文楣藻栱,颇极精丽。设〼刻鲸,以警昏晓。后主事者复置殿之两楹,辟土叠石,填涧为回廊。庭除显敞,乃为大壮寺。有石三门,千佛殿与释迦殿,辟支佛塔,皆古制。塔西长松,状若偃盖,背有一峰,耸起百丈。北望正方,青壁削成,如靺鞨玉。半有石龛,金容俨然。西尖峰可登,下视深谷千仞,前有洞东西三门相通。中设罗汉像,西南望一山壁穴如车轮。午达晴日在南,飞光透彻。讲堂东石壁下,一泉曰锡杖。又东南五步,一泉曰白鹤。一见一否,又东西二百步,一泉曰甘露。门西百步,一泉曰黄龙,皆为绝景。神宗章圣尝锡御书,琅函凤篆,辉映岩谷。皇上复降御篆飞白为赐,天文炳焕,云日相照。寺之殿堂廊庑厨库僧房间总五百四十僧行童百有五十举全数也。每岁孟春迄首夏,四向千里,居民老幼匍匐而来。散财施宝,惟恐不及,岁入数千,𦈏斋粥之,余羡盈积,多以至计。司筦榷外台督责寺僧纷扰,应接不暇,大违清净寂寞之本教。庆历皇祐间,荐饥,旧供者千百无一二至。僧徒解散,仅有存焉。由是官禁亦弛,虽财货所殖,非复曩时之盛。而方袍员顶,得以宴坐。噫。天其或者俾释氏徒复其本欤。东北崖上平处,古堂殿基宛然,石柱础铁像,下体尚存。盖法定始置于此,后为来者迁之也。今屋其上缺之辟谷者,讲习者,居之,以远喧杂。川中有一易之田,十夫,屋千楹。岁租月僦,以足经费。唐相李吉甫纂十道图,以润之栖霞台之国,清荆之玉泉,合兹寺为四绝。庆历三年,予为长清尉,寺居封内,周览绝景,不知属厌,余三则未之见也。尔后十二年之官于亟道,复过寺,主事僧重净以记见托。暇日,因具道山水奇伟,经始肯构盛衰本末,附勒于石,或模之远方,俾未游者见之,一览如目击,且使知灵迹巨丽,信为一绝。又得以较雄胜于三者云。
Au pied nord-ouest du mont Tai, des montagnes en masse l’entourent comme des ailes, s’enchaînant sur plus d’une centaine de li, touchant le ciel et effleurant les nuages, élancées et belles en mille postures. Recourbées comme des paravents alignés, tranchées comme des murailles dressées, dressées comme des épées serrées, acérées comme des sceptres gui tout droits. Tentes et rideaux s’y voilent et se révèlent, murailles de forteresses s’y enroulent. Tigres et rhinocéros s’y précipitent, dragons et serpents s’y replient. Elles se hérissent en vallées rocheuses, s’ouvrent en grottes et cavernes, se rompent en ruisseaux et ravins, s’étendent en forêts au pied des pentes. Pics dressés, crêtes dressées, sommets bondissants et rochers empilés, arbres verdoyants à l’ombre touffue, sources jaillissantes au fracas éclatant. Au milieu coule une rivière, dont la terre est étendue et fertile ; la voie reliant Qi et Lu passe à travers. À gauche, une montagne se dresse à part, dite « du Chant du coq ». Longeant le pied nord, franchissant le ravin, remontant par l’entrée de la vallée, vingt li vers le nord-est, l’à-pic s’achève et la terre s’aplanit. Le relief de la montagne enserre et enlace, escarpé sur les quatre faces comme un mur de clôture. Au pied des roches grises s’élève une salle de pourpre sombre, une haute pagode perce les nuages, des pavillons précieux ourlent le jade, de hautes portes se dressent majestueuses, de longues galeries s’étirent sans fin ; vue de loin, on la dirait chose d’un tableau — c’est ce monastère. Selon le Classique illustré, c’est à l’origine un lieu où apparut un Bouddha rare. Sous les Wei postérieurs, à l’ère Zhengguang, le maître Fading établit le monastère pour la première fois. Il y eut les prodiges du serpent azur, du lièvre blanc, des deux grues et des deux tigres. Notre dynastie, à l’ère Jingde, conféra alors la plaque actuelle ; auparavant, l’ancien agencement était simple et fruste, construit au gré des intentions, suivant le terrain et les matériaux, sans ordre dans les alignements. À l’ère Jingyou, le moine supérieur Qionghuan érigea à l’est des salles communes une salle à deux étages, aux avant-toits débordant des quatre côtés comme des têtes de tortue. On y installa, face au sud, une statue d’Avalokiteshvara ; linteaux ouvragés et consoles sculptées, d’une beauté raffinée extrême. On y disposa [une cloche à] queue de baleine gravée, pour avertir du crépuscule et de l’aube. Plus tard, ceux qui dirigèrent les travaux ajoutèrent encore les deux travées de la salle, déblayèrent la terre et empilèrent les pierres, comblèrent le ravin pour en faire une galerie couverte. La cour et les marches en furent dégagées et spacieuses, et le monastère devint grandiose. Il y a une triple porte de pierre, une Salle des Mille Bouddhas et une salle de Shakyamuni, une pagode du Pratyekabuddha — tous de construction ancienne. À l’ouest de la pagode, un grand pin a la forme d’un dais incliné ; derrière, un pic se dresse à cent zhang. Regardant droit vers le nord, une muraille azur comme tranchée au couteau, semblable au jade de Mohe. À mi-hauteur, une niche de pierre, dont le visage d’or est solennel. Le pic pointu de l’ouest peut être gravi ; de là on regarde en bas une vallée profonde de mille ren ; devant il y a une grotte que trois portes, à l’est et à l’ouest, font communiquer. Au milieu sont disposées des statues d’arhats ; au sud-ouest, on aperçoit une montagne dont la cavité de la paroi est comme une roue de char. À midi, quand le soleil éclatant est au sud, la lumière volante la traverse de part en part. Au pied de la muraille de pierre à l’est de la salle du Dharma, une source dite « du Khakkhara ». Cinq pas plus au sud-est, une source dite « de la Grue blanche » — l’une se voit, l’autre non. Deux cents pas plus à l’est et à l’ouest, une source dite « du Nectar doux ». Cent pas à l’ouest de la porte, une source dite « du Dragon jaune » : toutes sont des merveilles sans pareilles. L’empereur Shenzong Zhangsheng fit jadis don de son écriture impériale, coffres précieux et écriture du phénix, rayonnant sur les rochers et la vallée. L’empereur régnant fit à son tour descendre en don son écriture sigillaire impériale en traits blancs volants — un ornement céleste resplendissant, où nuages et soleil se reflètent l’un l’autre. Les salles, galeries, cuisines, magasins et cellules de moines du monastère totalisent cinq cent quarante travées ; les moines et les novices, cent cinquante — c’est là le nombre complet. Chaque année, du premier mois du printemps au début de l’été, de mille li aux quatre directions, les habitants, vieillards et enfants, viennent en rampant. Ils répandent leurs biens et offrent leurs trésors, craignant seulement de ne pas y suffire ; les revenus annuels se comptent par milliers, et après avoir fourni les repas d’offrande et les bouillies, les excédents s’accumulent en abondance, se chiffrant par quantités. Les offices des monopoles et l’administration extérieure pressaient et harcelaient les moines du monastère de leurs exigences, au point qu’ils ne pouvaient y faire face — ce qui allait fortement contre l’enseignement fondamental de pureté et de quiétude. Durant les ères Qingli et Huangyou, les famines se succédèrent : des anciens donateurs, sur mille, pas un ou deux ne venaient encore. Les moines se dispersèrent, il n’en resta que quelques-uns. Dès lors l’interdiction officielle se relâcha aussi, et quoique les biens et richesses s’y accumulassent, ce n’était plus la splendeur d’autrefois. Mais ceux qui portaient la robe carrée et la tonsure ronde purent s’asseoir en paix. Hélas ! Le Ciel peut-être voulait-il rendre aux disciples du Shakya leur vocation première. Sur le replat de la falaise du nord-est, les fondations d’anciennes salles subsistent distinctement ; des bases de colonnes de pierre et des statues de fer conservent encore leur partie inférieure. C’est là sans doute que Fading établit [le monastère] au début, avant que ses successeurs ne le déplacent. Aujourd’hui, ceux qui pratiquent l’abstention des grains et ceux qui s’adonnent à l’étude résident dans les bâtiments délabrés qui s’y trouvent, pour fuir le tumulte. Dans la plaine il y a un champ d’un yi, dix hommes, mille travées de bâtiments ; les fermages annuels et les loyers mensuels suffisent aux dépenses. Le conseiller des Tang Li Jifu compila les Cartes des dix circuits, réunissant le Qixia de Runzhou, le Guoqing de Taizhou, le Yuquan de Jingzhou et ce monastère-ci pour en faire les Quatre Merveilles. En la troisième année de l’ère Qingli, j’étais commandant de district de Changqing ; le monastère se trouvait dans ma juridiction, et je parcourus toutes ses merveilles sans jamais m’en rassasier — les trois autres, je ne les ai pas vues. Douze ans plus tard, un poste m’envoya sur la route pressante, et je repassai par le monastère ; le moine chargé des affaires, Chongjing, me chargea d’en faire la chronique. Un jour de loisir, je rapportai donc en détail les montagnes et les eaux, étranges et grandioses, et les tenants et aboutissants de sa fondation, de sa construction, de sa prospérité et de son déclin, les joignant à une gravure sur pierre ; peut-être la copiera-t-on en des lieux lointains, afin que ceux qui ne l’ont pas visité le voient et qu’un seul coup d’œil vaille le témoignage oculaire, et qu’on sache aussi que ces vestiges numineux d’une beauté immense sont véritablement une merveille sans égale — qui plus est, qu’on puisse la comparer en grandeur aux trois autres.
Shifang Lingyan Chansi Tianyuan Ji (Chronique des terres et jardins du temple chan Lingyan des Dix Directions)
济南灵岩自法定禅师肇建道场,于今几干载矣。峰峦奇秀,祠宇雄丽,号天下四绝之一,比邱恒一百余众。虽四方布施者源源而来,然其衣食之用,出于寺之田园者盖三之二。其地实口宋、口德间所赐也。逮天圣初,稍为人侵,昌主寺者不克申理,但刻石以纪其当时所得。顷亩界畔而已。其后绍圣间,掌事者稍恪,左右口□,遂伺隙而口之。时长老妙空者,虽讼于有口,其地未之能归也。至废齐时,始征天圣石记,悉归所侵地。然石记字书已皆驳缺。寺僧口其口,久愈不可考,因请于所司之令,主首故老与夫近邻共正界,至迄今阜昌碑石存焉。圣朝天德间,复有指寺之山栏为东岳火路地者。既而省部委官验视,考之阜昌碑文,不得遂其诈,因符移府司,府司乃印署文帖给付焉。大定六年,朝廷推恩,弛天下山泽以赐贫民,由是诸山林旧所固护者,莫敢为口。樵者薪之,匠者材焉,凡森郁丛茂之处,皆濯濯如也。惟灵岩山林以其有得地之本末,故独保完。明昌三年,提刑司援他山例,许民采伐,由是长老广琛诉于部,于省,才得地之十一二也。五年,琛复走京师,诣登闻院陈词,蒙二奏断,用阜昌、天德所给文字为准,尽付旧地。省符既下,于是口事僧悟宝陈于府,再给公帖矣。将复刻石以为后人之信,遂囗文于历下周驰,乃为序其终始之实而书之。或曰:口人所以不能脱世网而逃死生者,以其贪爱为病也。如来有药,为之口治,止于一舍而巳。故深于道者,视囗外物,况外物乎?口生饥祇,虽刲割支体,了无靳惜。今琛公以土地之故,至取必口朝廷而后巳。斯无乃口割支体以噉众生则可矣,若刲割众生支体以噉众生,岂理口哉?抑尝闻客有捐万囗口口以遣累者,盖初无难色。及有人托守斗粟,则不敢纵鸟雀耗囗一龠。何则?自为为他之理异也。且夫寺之常住,所以赡养十方囗囗囗也,渠盖不得巳而口众主持口尔,非所私有囗如俟其湮没而弗与保护,因而绝人众日用之资,乃曰吾能以舍为心,然则所舍之口囗谁物耶?知是理,则知琛公之口口违佛教矣。或者释然,因并书其言,以告来者,使谨守焉。
Le Lingyan de Jinan, depuis que le maître chan Fading y fonda le centre de la Voie, compte aujourd’hui près de mille ans. Ses pics et crêtes sont étrangement beaux, ses sanctuaires grandioses et splendides ; on le nomme l’une des Quatre Merveilles de l’empire, et ses bhikshu sont constamment plus d’une centaine. Quoique les aumônes affluent sans cesse des quatre directions, pourtant ce qu’il en coûte pour nourrir et vêtir [la communauté] provient pour les deux tiers environ des champs et jardins du monastère. Ces terres furent en fait concédées entre […]Song et […]de. Au début de l’ère Tiansheng, elles commencèrent à être grignotées ; le supérieur du monastère d’alors ne put obtenir réparation et ne fit que graver dans la pierre un record de ce qui avait été obtenu à l’époque — les bornes et limites des acres, rien de plus. Par la suite, à l’ère Shaosheng, les responsables étant devenus un peu négligents, les gens d’alentour […], et guettèrent l’occasion de [les] usurper. Le vénérable Miaokong d’alors eut beau intenter un procès auprès des [autorités], les terres ne purent être recouvrées. Ce n’est qu’à l’époque du Qi déchu que l’on produisit enfin l’inscription lapidaire de l’ère Tiansheng et que toutes les terres usurpées furent restituées. Mais les caractères de l’inscription étaient déjà tous rongés et défectifs. Les moines du monastère […], et avec le temps cela devint de moins en moins vérifiable ; on demanda alors à l’autorité compétente d’ordonner que les anciens du village et les voisins proches fixent ensemble les limites, et la stèle de l’ère Fuchang subsiste jusqu’à ce jour. Sous notre dynastie sacrée, à l’ère Tiande, il y eut encore des gens pour désigner la barrière forestière du monastère comme terrain de coupe réglée du Pic sacré de l’Est. Bientôt le secrétariat provincial délégua un officier pour inspecter ; on examina le texte de la stèle de l’ère Fuchang, et leur fraude ne put aboutir ; on transmit alors un acte à l’administration préfectorale, et l’administration préfectorale apposa son sceau sur un document qui fut délivré [au monastère]. En la sixième année de l’ère Dading, la cour répandit sa grâce et ouvrit les montagnes et les marais de l’empire aux pauvres ; dès lors, sur toutes les forêts de montagne jadis solidement protégées, nul n’osa plus [faire obstacle]. Les bûcherons y firent leur bois de chauffe, les charpentiers y prirent leur bois d’œuvre, et tous les lieux touffus et luxuriants devinrent pelés et dénudés. Seule la forêt du Lingyan, parce qu’elle possédait les pièces de l’obtention de ses terres, fut seule préservée intacte. En la troisième année de l’ère Mingchang, l’intendance judiciaire invoqua le précédent des autres montagnes et permit au peuple d’y couper ; dès lors le vénérable Guangchen porta plainte auprès du ministère, puis du secrétariat, et n’obtint qu’un ou deux dixièmes des terres. En la cinquième année, Chen se rendit de nouveau à la capitale et alla déposer sa requête à la cour des plaintes ; par deux décisions mémoriales, il obtint que l’on prît pour critère les documents délivrés aux ères Fuchang et Tiande, et que toutes les anciennes terres fussent restituées. L’acte du secrétariat étant descendu, alors le moine chargé des affaires, Wubao, fit sa déposition auprès de la préfecture, et un document officiel fut de nouveau délivré. Comme on allait de nouveau graver la pierre pour en faire un témoignage pour les générations futures, on demanda […] un texte à Zhou Chi de Lixia, et j’ai composé le préambule des faits du commencement à la fin et l’ai calligraphié. Quelqu’un dit : « Ce pour quoi les hommes ne peuvent échapper aux filets du monde et fuir la naissance et la mort, c’est que la convoitise et l’attachement sont leur maladie. Le Tathagata a un remède pour [les] soigner, qui se ramène à un seul renoncement. C’est pourquoi celui qui est profond dans la Voie regarde [même son propre corps comme] une chose extérieure — que dire des choses extérieures ? [Même pour sauver] un être affamé, quand bien même on trancherait ses propres membres, on n’éprouverait aucun regret. Or voilà que le vénérable Chen, pour une affaire de terres, en vient à exiger [une décision de] la cour avant de s’arrêter. N’est-ce pas [contraire à ce principe] ? Trancher ses propres membres pour nourrir les êtres, voilà qui est bien ; mais trancher les membres des êtres pour nourrir les êtres, est-ce donc raisonnable ? » Pourtant j’ai entendu dire qu’un hôte donna dix mille […] pour se décharger d’un souci, et n’en montra d’abord aucune difficulté ; mais lorsqu’on lui confia la garde d’un boisseau de grain, il n’osa plus laisser les oiseaux en consumer une once. Pourquoi ? Parce que le principe diffère selon qu’on agit pour soi ou pour autrui. Or les biens permanents d’un monastère sont ce qui entretient les [moines] des dix directions ; celui-ci n’a d’autre choix que d’[en] charger la communauté d’en assurer la gestion — ce n’est pas une propriété privée. Si l’on attendait qu’ils sombrent dans l’oubli sans les protéger, privant ainsi la communauté des ressources de sa subsistance quotidienne, et qu’on dise « je sais faire du renoncement mon cœur », alors ce qu’on abandonne, à qui appartient-il donc ? Qui comprend cette raison sait que le vénérable Chen n’a [pas] contrevenu à l’enseignement du Bouddha. Le questionneur s’en trouva apaisé ; j’ai donc également consigné ses paroles, pour avertir ceux qui viendront, afin qu’ils les gardent avec soin.
明昌六年十月二十有三日记。
Consigné le vingt-troisième jour du dixième mois de la sixième année de l’ère Mingchang.
首座僧悟伦,书记僧普迁,经藏僧广藏、知客僧祖清、知阁僧蕴奥,殿主僧宗坚,监寺僧宗彻,副寺僧广仲,维那僧悟宝,典座僧正演、直岁僧志口、库头僧觉胤,当山住持传法嗣祖沙门广琛立石。
Le premier siège, le moine Wulun ; le secrétaire, le moine Puqian ; le gardien du canon, le moine Guangzang ; le maître des hôtes, le moine Zuqing ; le maître du pavillon, le moine Yun’ao ; le maître de la salle, le moine Zongjian ; le surveillant du monastère, le moine Zongche ; l’administrateur adjoint, le moine Guangzhong ; le recteur, le moine Wubao ; le maître du siège, le moine Zhengyan ; l’intendant de l’année, le moine Zhi[…] ; le maître du magasin, le moine Jueyin ; l’abbé de cette montagne, transmetteur de la Loi et héritier des patriarches, le shramana Guangchen a dressé la pierre.
Shifang Lingyan Si Ji (Chronique du temple Lingyan des Dix Directions)
名山胜境,天地所以储灵菩秀,非福力浅薄者所能栖止,必待仙佛异人,建大功德,吹为众生无量福田。泰山为诸岳之宗口,峰峦拱揖,溪麓回抱,神秀之气,尤钟于西北,而西北之胜,莫胜于方山。昔人相传以为希有如来于此成道,今灵岩是其处也。后魏正光初,有梵僧曰法定,杖锡而至,经营基构,始建道场。定之至也,盖有青蛇前导,两虎负经,四众惊异,檀施云集,于是空崖绝谷,化为宝坊,历随至宋。土木丹绘之功,日增月葺,庄严为天下之冠。四方礼谒,委金帛以祈福者,岁无虑千万人。佛事口兴,而居者益众,分而为院者凡卅有六。趣向既异,遂生分别。主僧永义,律行孤介,以接物应务为劳,力辞寺事。时开封僧行口方以圜觉密理讲么后学,众共推举,可以住持,乃更命详实来代。
Les montagnes illustres et les sites merveilleux sont ce par quoi le Ciel et la Terre amassent le numineux et nourrissent le beau ; ce n’est pas un lieu où puissent demeurer ceux dont la force de mérite est mince : il faut attendre des immortels, des bouddhas, des hommes extraordinaires, qui fondent un grand mérite et le répandent comme un champ de félicité sans mesure pour tous les êtres. Le mont Tai est le patriarche de toutes les montagnes sacrées ; pics et crêtes s’y inclinent en cercle, ruisseaux et contreforts l’enlacent, et le souffle divin et beau se concentre surtout au nord-ouest — et parmi les merveilles du nord-ouest, rien ne surpasse le mont Fang. Les anciens transmirent la tradition selon laquelle le Tathagata rare y avait atteint la Voie : l’actuel Lingyan est ce lieu-là. Au début de l’ère Zhengguang des Wei postérieurs, il y eut un moine indien nommé Fading, qui y arriva son bâton de khakkhara à la main, en entreprit l’assiette et les constructions, et y fonda pour la première fois un centre de la Voie. À l’arrivée de Ding, il y eut pour le devancer un serpent azur, deux tigres portant les sutras ; les quatre assemblées s’en émerveillèrent, et les donateurs s’y rassemblèrent comme des nuées ; dès lors, falaises vides et vallées perdues se changèrent en monastère précieux, et cela dura des Sui jusqu’aux Song. Les travaux de terre, de bois, de cinabre et de peinture s’accrurent de jour en jour, se restaurèrent de mois en mois, et sa solennité fut la première de l’empire. Ceux qui venaient des quatre directions en pèlerinage, déposant or et soieries pour prier la félicité, se comptaient chaque année sans doute par milliers et myriades. Les affaires du Bouddha [pro]spérèrent, et les résidents se firent plus nombreux ; ceux qui se divisèrent en collèges furent en tout trente-six. Les orientations étant devenues différentes, des distinctions s’ensuivirent. Le moine supérieur Yongyi, austère et solitaire dans sa discipline, trouvant pénible de recevoir le monde et de répondre aux affaires, refusa fermement la direction du monastère. À ce moment, le moine Xing[…] de Kaifeng enseignait aux jeunes élèves la doctrine secrète de l’Éveil parfait ; l’assemblée le recommanda d’un commun accord comme apte à l’abbatiat, et l’on changea l’ordre pour charger Xiangshi de venir le remplacer.
义仍改甲乙以居十方之众,实熙宁庚戌岁也。越三年癸丑,仰天元公禅师以云门之宗,始来唱道,自是禅学兴行,丛林改观,是为灵岩初祖。尔后法席或虚,则请名德以主之,而不专口宗。暨今琛公禅师廿代矣,其传则临际裔也。师至之日,属山门魔起,规夺寺田,四垣之外,皆为魔境,大众不安共居。师为道口猛,卒以道力摧伏群魔,山门之旧,一旦还复,罢遂安焉。师以书属怀英𡆤:吾寺之名著于诸方旧矣。繇希有至于定公,则不口计其岁月。繇定至于今,几七百年,中更衰叔,历朝刊纪,断泐磨灭,荡然无余。而佛祖之因地,建置之本来,与夫禅律之改口,口派之承传,后来者鲜或知之,念无以起信心,镇魔事。虽然,佛法坚固,与虚空等,而魔者如浮云,浮云,弹指变灭,而虚空无有口尽,何忧乎魔事?
Yi changea alors le [mode de succession] de chef en chef pour loger la communauté des dix directions : ce fut en l’année gengxu de l’ère Xining. Trois ans plus tard, en l’année guichou, le maître chan Yuan de Yangtian, de l’école Yunmen, vint pour la première fois y prêcher la Voie ; dès lors l’étude du chan s’y répandit, la forêt de moines changea de visage, et il en est le patriarche fondateur du Lingyan. Par la suite, chaque fois que le siège de la Loi fut vacant, on invitait un homme de vertu renommée à le présider, sans [le] réserver à une seule école. Jusqu’au vénérable Chen d’aujourd’hui, ce sont vingt générations, et sa lignée descend de Linji. Le jour où le maître arriva, il se trouva que des démons s’étaient levés contre les portes de la montagne et machinaient l’usurpation des terres du monastère : au-delà des quatre murs, tout était pays de démons, et la grande assemblée ne pouvait vivre en paix. Le maître se fit […] farouche pour la Voie, et finalement, par la force de la Voie, il brisa et soumit la horde des démons ; l’ancien domaine des portes de la montagne fut en un matin restitué, et la paix revint aussitôt. Le maître m’adressa une lettre me chargeant : « Le nom de notre monastère est célèbre en tous lieux depuis longtemps. Depuis le Rare jusqu’au vénérable Ding, on ne saurait en compter les années et les mois. Depuis Ding jusqu’à nos jours, près de sept cents ans, au cours desquels il connut déclin et décadence ; les inscriptions gravées des dynasties successives sont brisées, érodées, usées, effacées — il n’en reste rien. Quant au terrain où bouddhas et patriarches s’établirent, aux origines des constructions, aux changements entre chan et discipline, à la transmission des lignées, ceux qui viennent après le savent rarement, et je pense qu’il n’y a pas de quoi susciter la foi et mater les affaires des démons. — Bien que ce soit ainsi, la Loi du Bouddha est solide, égale à l’espace vide, tandis que les démons sont comme les nuages flottants : les nuages flottants se changent et s’évanouissent en un claquement de doigts, tandis que l’espace vide n’a pas de fin — pourquoi se soucier des affaires des démons ? »
惟是著述铭勒,佛事门中,旧所不废,子无以有为谯我,帑为我一言。余报之曰:诺。已,乃叙师之所欲言者,书囗遗之。若夫山川光怪,灵迹示现,山中老宿,皆能指其所而详之,此不复道也。明昌七年炑九月十有九日记。
« Seulement, composer des écrits et graver des inscriptions est, dans les affaires du Bouddha, une chose que l’on n’a jamais abandonnée ; ne me blâme pas d’y attacher de l’importance, mais accorde-moi quelques mots. » Je lui répondis : oui. Cela fait, j’ai exposé ce que le maître voulait dire et l’ai écrit pour le lui transmettre. Quant aux éclats étranges des montagnes et des rivières, aux manifestations des vestiges numineux, les vieux résidents de la montagne peuvent tous en indiquer les lieux et les détailler ; je n’en reparle pas ici. Consigné le dix-neuvième jour du neuvième mois de la septième année de l’ère Mingchang.
首座僧即敏,书记僧普置,知藏僧蕴奥,知客僧宗彻,知阁僧广仲,殿主僧宗坚,监寺僧法叙,副寺僧普迁,维那僧悟宝,典座僧普守,直岁僧志功、库头僧觉獐。明昌七年十月十四日,当山住持传法嗣祖沙门广琛立石,历山贾德摸并刊。
Le premier siège, le moine Jimin ; le secrétaire, le moine Puzhi ; le maître du canon, le moine Yun’ao ; le maître des hôtes, le moine Zongche ; le maître du pavillon, le moine Guangzhong ; le maître de la salle, le moine Zongjian ; le surveillant du monastère, le moine Faxiu ; l’administrateur adjoint, le moine Puqian ; le recteur, le moine Wubao ; le maître du siège, le moine Pushou ; l’intendant de l’année, le moine Zhigong ; le maître du magasin, le moine Juezhang. Le quatorzième jour du dixième mois de la septième année de l’ère Mingchang, l’abbé de cette montagne, transmetteur de la Loi et héritier des patriarches, le shramana Guangchen a dressé la pierre ; Jia De de Lishan l’a copiée et gravée.
Lingyan Chansi Guijian Longzang zhi Ji (Chronique de la construction projetée du Dépôt du Dragon au temple chan Lingyan)
Le septième volume du Shina Bunka Shiseki (Vestiges historiques de la culture chinoise) publie l’estampage de cette stèle sous le titre « Chronique de la construction projetée du Dépôt du Dragon au temple chan Lingyan » ; le titre en tête du texte de la stèle est « Chronique de la fondation du Dépôt du Dragon au temple chan Lingyan du mont Tai sous le Grand Yuan ».
大元泰山灵岩禅寺创建龙藏之记,则正奉大夫、侍御史、燕南河北道肃政廉访使张起岩撰,并篆额,中奉大夫、岭北等处行中书省参知政事张蒙古台书。
Chronique de la fondation du Dépôt du Dragon au temple chan Lingyan du mont Tai sous le Grand Yuan — composée, avec le fronton en écriture sigillaire, par Zhang Qiyan, grand officier Zhengfeng, censeur assistant et commissaire d’enquête sur l’intégrité administrative du circuit de Yannan-Hebei ; calligraphiée par Zhang Menggutai, grand officier Zhongfeng et administrateur assistant des affaires politiques du secrétariat impérial itinérant de Lingbei et autres régions.
天下佛宇以岩名者,则泰山灵岩为之冠。以境属中土,占岱宗右腋,面势环抱,当秀绝处。前乎此未有识其胜槩以据有者,殆天造地设,神灵珍藏,以待夫雄尊崇大者处之,然后为称也耶?盖岩之巅,东如列屏,如窣堵波,献奇骈秀,矗乎云表;北如连城,截然展拓,高出千仞,俯临真境,若向若护。东岩南引而左拱,与北岩子午相直。其上有穴洞明,望之若月。元魏正光间,法定禅师驻锡于此。睹其形胜,不坐独处,德风所扇,慧照所加,灵怪敛避,虎兽驯伏。复有泉涌于窦,泓而为池。土俗目其神异,为构丈室,延居其中,演教授徒,是为开山初祖。历隋暨唐,殿堂斋寮,日新以盛。宋太平兴国、天禧、景德徧以其号锡宇内寺院,故寺尝号景德。寺之千佛。五花殿构于其时,石刻具在。迄今广宇周廊,遗制尚存。
Parmi les monastères bouddhiques de l’empire qui portent le nom d’un rocher, le Lingyan du mont Tai en est le premier. Son territoire appartient à la terre centrale et occupe l’aisselle droite du Vénéré du Dai ; l’orientation de son relief l’enserre en cercle, à l’endroit le plus beau et le plus retiré. Avant cela, nul n’avait reconnu la beauté de ses traits pour s’en emparer : sans doute le Ciel l’avait-il façonné et la Terre disposé, les esprits l’avaient-ils précieusement gardé, pour attendre que celui qui serait grand, honoré et vénérable en prît place, et qu’alors seulement il fût digne de son nom. Car au sommet du rocher, à l’est il est comme des paravents alignés, comme des stupas, offrant l’étrange et jumelant le beau, dressés au-delà des nuages ; au nord il est comme des murailles de ville, se déployant abruptement, s’élevant à plus de mille ren, dominant le domaine véritable, comme s’il le regardait et le protégeait. Le rocher oriental s’étire vers le sud et s’arrondit à gauche, faisant face au rocher septentrional selon l’axe nord-sud. Sur lui il y a une caverne percée de lumière, qu’on dirait, à la voir, une lune. À l’ère Zhengguang des Wei des Yuan, le maître chan Fading y planta son bâton. Voyant la beauté de sa forme, il ne put rester seul sans rien faire ; là où souffla le vent de sa vertu, là où s’étendit la lumière de sa sagesse, les esprits malfaisants se retirèrent et se cachèrent, les tigres et les bêtes furent domptés. Il y eut aussi une source qui jaillit d’une fissure et s’amassa en un bassin. Les gens du pays, voyant ces prodiges, lui bâtirent une cellule carrée et l’invitèrent à y demeurer ; il y exposa l’enseignement et forma des disciples — c’est le patriarche fondateur de la montagne. Des Sui jusqu’aux Tang, salles et pavillons, réfectoires et cellules, se renouvelèrent de jour en jour et prospérèrent. Sous les Song, aux ères Taiping Xingguo, Tianxi et Jingde, son titre fut conféré à tour de rôle aux monastères de l’empire, et le monastère fut donc un temps appelé Jingde. Les salles des Mille Bouddhas et des Cinq Fleurs du monastère furent construites à cette époque ; les inscriptions lapidaires y sont toutes. Jusqu’à ce jour, les vastes bâtiments et les galeries encerclantes conservent encore leurs dispositions anciennes.
皇元崇奉释教,视前代为有加。泰安分土王邸,于是寺外护尊礼,尤切注意。至元二十四年丁亥,第三十代住持宝峰顺禅师,以为名山大刹,大众云集,受学之人,必资讲诵。我佛之教,其言传于世者为经,历代高识发扬翼成者曰律、曰论,曰疏,增衍广大,至五千余卷。今𦙀本在江浙,在闽,于是专普觉大师提点广往购。至杭,则普宁寺已具经、律、论完本,遂购而航致之,浮江绝进,逾河抵郡之阴河镇,以二十六年三月十八日具法师作礼迎致,权置寺之五花殿。后四十五年,当至元后元乙亥,息庵让禅师图建外三门右,具材庀役。俄受少林之请。佛智明悟通理大禅师定岩慧公嗣主法席,乃相旧轮藏之基,规抚故在也,谓宜起废,庶琅函宝笈,贮阁有所。咨于广智大师提点川、明德大师监寺贞等,度为藏殿三楹,辍三门材为之。寺之耆德法属,闻是语已,欣然出衣孟资以助,以倡邻郡济南达宦善士之乐施者相继也。经始于至元后二年冬十月,毕工于六年夏四月,宏敞虚静,位置崇整,扁其额曰龙藏。中为龛帐,以庥象设,以覆藏函,供张器皿,殿所宜有,种种备具。金碧绚烂,芗灯芬灼,装严佛界,观者起敬。总其所用,为楮泉二万三千余缗。
Les Yuan impériaux honorèrent l’enseignement du Shakya avec une ferveur accrue par rapport aux dynasties précédentes. Tai’an étant le fief d’une résidence princière, la protection et la vénération extérieures de ce monastère furent l’objet d’une attention particulière. En la vingt-quatrième année de l’ère Zhiyuan, l’année dinghai, le trentième abbé, le maître chan Baofeng Shun, considéra que, dans une grande maison d’une montagne illustre où la grande assemblée se rassemble comme les nuées, ceux qui reçoivent l’instruction doivent nécessairement disposer de textes pour l’exposé et la récitation. L’enseignement de notre Bouddha, dont les paroles se transmettent dans le monde, ce sont les sutras ; ce que les grands connaisseurs des dynasties successives ont développé et complété, ce sont le Vinaya, les traités et les commentaires — s’amplifiant et s’étendant jusqu’à plus de cinq mille rouleaux. Or les [bonnes] éditions se trouvent au Jiangzhe et au Min ; on chargea donc spécialement le grand maître Pujue, le surveillant Guang, d’aller les acheter. Arrivé à Hangzhou, le temple Puning possédait déjà un exemplaire complet des sutras, du Vinaya et des traités ; on l’acheta donc et on le fit venir par eau, franchissant le fleuve et poursuivant la route, traversant le [fleuve] Jaune pour atteindre le bourg de Yinhe de la préfecture ; le dix-huitième jour du troisième mois de la vingt-sixième année, le maître de la Loi fut convoqué pour les accueillir rituellement, et ils furent provisoirement déposés dans la salle des Cinq Fleurs du monastère. Quarante-cinq ans plus tard, en la première année de la seconde ère Zhiyuan, l’année yihai, le maître chan Xi’an Rang envisagea de construire à droite de la triple porte extérieure et prépara matériaux et corvées. Bientôt il reçut l’invitation de Shaolin. Le grand maître chan Fozhi Mingwu Tongli, le vénérable Dingyan Hui, succéda au siège de la Loi ; il examina les fondations de l’ancien dépôt tournant, dont l’emprise ancienne subsistait, et jugea qu’il convenait de relever la ruine, afin que les coffres précieux et les boîtes aux trésors eussent un pavillon où être déposés. Il consulta le grand maître Guangzhi, le surveillant Chuan, le grand maître Mingde, le surveillant du monastère Zhen, et les autres, mesura une salle du dépôt de trois travées et y affecta le bois de la triple porte. Les anciens vertueux et la parenté de la Loi du monastère, ayant entendu ces paroles, sortirent joyeusement les ressources de leurs robes et bols pour aider, encourageant ainsi les hauts fonctionnaires et les hommes de bien de la préfecture voisine de Jinan, qui se succédèrent dans la joie de donner. Les travaux commencèrent au dixième mois d’hiver de la deuxième année de la seconde ère Zhiyuan et furent achevés au quatrième mois d’été de la sixième année ; vaste et ouverte, vide et paisible, l’ordonnance en fut haute et ordonnée, et l’on inscrivit sur sa plaque le nom « Dépôt du Dragon ». Au milieu furent faits une niche et des tentures pour abriter l’installation des images et couvrir les coffres du canon ; offrandes, tentures et ustensiles, tout ce qu’une salle devait avoir, en toute sorte, y fut complet. Or et azur resplendissants, lampes parfumées flambant doucement, ornant le royaume du Bouddha, ceux qui le regardaient en éprouvaient le respect. Le total de ce qui fut dépensé s’éleva à plus de vingt-trois mille min de papier-monnaie.
师偕提点贞、监寺挥等来请记于予。子隹大雄氏之教,肇自东汉,流传震旦,其为言说,普合一切世间,识原达本,发无上妙心,如良药疗众疾,如慈航济苦海,如慧烛破幽暗,以之开迷惑颠倒,以之释贪著爱欲。人之求其法者,舍是经何以哉?知有是经而不能读,读而不能思,思而不能从,是与未尝见闻者无以异也。夫采药疗疾,取米救饥,而药与米究竟有尽,惟是经也,取而读诵,思惟其义,开觉发悟,深造自得,利已利人,普蒙福惠,于是经也复无所损。义盍明畅,如清净水,洗涤尘垢,水亦还洁;如大宝月照彻昏暗,月自明朗。然则学者舍此弗究可乎?
Le maître, accompagné du surveillant Zhen, du surveillant du monastère Hui et d’autres, vint me demander une chronique. Moi, j’estime que l’enseignement du Grand Héros, qui commença sous les Han orientaux et se répandit en Chine, dans ses paroles et ses discours, s’accorde universellement à tout le monde ; qui connaît l’origine atteint le fond, et fait naître le cœur merveilleux insurpassable ; il est comme un bon remède qui soigne les maladies de tous, comme la nef de la compassion qui sauve de la mer des souffrances, comme la torche de la sagesse qui brise l’obscurité profonde ; par lui on ouvre l’égarement et le renversement, par lui on délie la convoitise, l’attachement et le désir. Pour l’homme qui recherche cette Loi, que faire sans ces écrits ? Savoir qu’il y a ces écrits et ne pouvoir les lire, les lire et ne pouvoir y réfléchir, y réfléchir et ne pouvoir les suivre, cela ne diffère en rien de n’avoir jamais vu ni entendu. Cueillir des herbes pour soigner les maladies, prendre du riz pour secourir la faim — les herbes et le riz, en fin de compte, s’épuisent ; seuls ces écrits, qu’on les prenne pour les lire et les réciter, qu’on en médite le sens, qu’on y ouvre l’éveil et fasse naître l’illumination, qu’on y pénètre profondément et qu’on en jouisse soi-même, qu’on se profite à soi-même et qu’on profite aux autres, que tous en reçoivent largement félicité et bienfait — à ces écrits, en retour, on n’enlève rien. Leur sens ne s’en trouve que plus clair et fluide : comme une eau pure qui lave la poussière et la crasse et qui, elle aussi, redevient propre ; comme la grande lune précieuse qui illumine à fond l’obscurité et qui, elle-même, brille clairement. Ceci étant, celui qui étudie peut-il délaisser cela sans l’approfondir ?
师张姓,世为保定完州人,居州之南檀山。年八岁,礼古唐甘露禅院诠公为师,得法于灵岩桂庵达禅师。至元后丙子,得锡今号,是为住山四十代师云。至正元年二月望日记。山门提点子贞,提点子廉,监寺子挥、监寺子洪、修造思柳,维那维智、副寺思霭、典座子时、副寺子泰、子可、维宽、觉喜、净心,直岁子路、觉昌、觉宗、觉千船,耆宿首座思让、首座子英、书记思岑,藏主思周、知客子全、仓主子敞、钱帛子庆、库主觉初、浴主思淇、外库觉增、侍者戒信、殿主子延等,合十方灵岩禅寺住持传法嗣祖沙门佛智明悟、通理大禅师定岩野衲德慧立石,会石工张克让、苏亨刊。
Le maître, de nom de famille Zhang, était issu d’une famille de Wanzhou à Baoding, demeurant au mont Tan au sud de la préfecture. À l’âge de huit ans, il salua comme maître le vénérable Quan du cloître chan du Nectar doux de Gutang, et reçut la Loi du maître chan Gui’an Da de Lingyan. En l’année bingzi de la seconde ère Zhiyuan, il reçut en don son titre actuel ; c’est là le quarantième maître à résider sur cette montagne. Consigné le jour de la pleine lune du deuxième mois de la première année de l’ère Zhizheng. Le surveillant des portes de la montagne Zizhen, le surveillant Zilian, le surveillant du monastère Zihui, le surveillant du monastère Zihong, le chargé de construction Silie, le recteur Weizhi, l’administrateur adjoint Si’ai, le maître du siège Zishi, les administrateurs adjoints Zitai, Zike, Weikuan, Juexi, Jingxin, les intendants de l’année Zilu, Juechang, Juezong, Jue Qianchuan, les anciens et premiers sièges Sirang et Ziying, le secrétaire Sicen, le maître du canon Sizhou, le maître des hôtes Ziquan, le maître du grenier Zichang, le maître des monnaies et soieries Ziqing, le maître du magasin Juechu, le maître des bains Siqi, le magasinier extérieur Juezeng, l’acolyte Jiexin, le maître de la salle Ziyan et les autres, ensemble avec l’abbé du temple chan Lingyan des Dix Directions, transmetteur de la Loi et héritier des patriarches, le shramana, grand maître chan Fozhi Mingwu Tongli, le moine errant de Dingyan, Dehui, ont dressé la pierre ; les tailleurs de pierre Zhang Kerang et Su Heng l’ont gravée.
右碑连额,高八尺五寸,广三尺五寸,篆额题大元泰山灵岩禅寺龙藏殿记十二字,径三寸,分三行。文二十四行,行五十五字,字径九分,并真书。碑阴刻施钞人名二十六行,字径八分。案杭州普宁寺印经一大藏,系世祖至元二十六年事,详见广公提点寿碑。至是顺帝至元元年始建龙藏殿,盖越四十七年矣。碑文为张起岩总起𭗭之官中台侍御史,转燕南廉访使,史不详其何年。以此碑证之,则至正元年二月,而碑阴在是年十月,盖刻文在毕工之初,碑阴则俟施钞之数已定而后刻也。碑阴列诸寺职,有所谓铸泻者,不知所职何事,识以俟考。在藏经殿故基前,东向。
Cette stèle, avec son fronton, est haute de huit pieds cinq pouces et large de trois pieds cinq pouces ; le fronton sigillaire porte l’inscription « Chronique de la salle du Dépôt du Dragon du temple chan Lingyan du mont Tai sous le Grand Yuan », douze caractères de trois pouces de diamètre, répartis en trois lignes. Le texte compte vingt-quatre lignes de cinquante-cinq caractères chacune, les caractères mesurant neuf fen, tous en écriture régulière. Le revers de la stèle grave les noms des donateurs de monnaie sur vingt-six lignes, les caractères mesurant huit fen. Note : l’impression par le temple Puning de Hangzhou d’un canon complet d’écrits remonte à la vingt-sixième année de l’ère Zhiyuan de l’empereur Shizu ; on en trouvera le détail dans la stèle de longévité du surveillant Guang. Ce n’est qu’en la première année de l’ère Zhizheng de l’empereur Shundi que la salle du Dépôt du Dragon commença à être construite — il s’était donc écoulé quarante-sept ans. Le texte de la stèle est de Zhang Qiyan ; de son poste de censeur assistant du Tribunal central, il passa à celui de commissaire d’enquête de Yannan, mais l’histoire ne précise pas en quelle année. Cette stèle en fait foi : c’était au deuxième mois de la première année de l’ère Zhizheng, tandis que le revers de la stèle date du dixième mois de la même année — le texte fut sans doute gravé au tout début de l’achèvement des travaux, tandis que le revers attendit que le montant des dons de monnaie fût fixé pour être gravé. Le revers énumère les diverses charges du monastère ; il y est question d’un certain « fondeur-verseur », dont on ne sait quelle était la fonction — on le note en attendant qu’on puisse l’établir. [La stèle se trouve] devant les anciennes fondations de la salle de conservation des écrits, face à l’est.
Da Yuan Guoshi Fazhi Bei (Stèle du rescrit du Précepteur d’État du Grand Yuan)
皇帝圣旨里管著儿咸藏大元国师法旨里军官每根底,军人每根底,断事官每根底,来往使臣每根底,管城子达鲁花赤官人每根底,本面官人每根底,来往收检和尚、俗人、百姓每根底。省谕的法旨,泰安州长清县大灵岩寺住坐的僧人定岩长老,端与上位祝延圣寿,依体例里住坐者在前。但属寺家的田地、水土、园林、碾礳店铺、解典库、浴堂、人囗头疋等物,不拣是谁,休倚力。气夺,要者,休谩昧欺付者,休推是故。取问要东西者,交他安稳住坐者,执把行的法旨与了也。见了法旨,别了呵,依著圣旨体例里,恁不怕那是么,这的每有法旨么道,无体例的勾当,休做者。蛇儿年三月二十三日,高良河大护国仁王寺里有时分写来。
Par le saint décret de l’Empereur. Rescrit de Guanju’er Xianzang, Précepteur d’État du Grand Yuan : aux officiers de l’armée, aux soldats, aux juges, aux envoyés qui vont et viennent, aux darughachi qui gouvernent les villes, aux fonctionnaires en titre, aux moines, laïcs et gens du peuple qui vont et viennent percevoir les redevances. Rescrit notifié pour information : le moine et vénérable Dingyan, résidant au grand temple Lingyan du district de Changqing, préfecture de Tai’an, prie précisément pour prolonger la vie sacrée du Souverain ; conformément au règlement, qu’il demeure en résidence comme auparavant. Quant aux champs et terres, eaux et sols, jardins et vergers, moulins, boutiques, magasins de prêt sur gage, salles de bains, personnes et têtes de bétail appartenant au monastère, qui que ce soit, qu’on n’use pas de la force pour les arracher ni les exiger ; qu’on ne les frustre pas par tromperie et dissimulation ; qu’on ne les réclame pas sous prétexte d’impôt. Qu’on le laisse demeurer en paix : un rescrit exécutoire lui a été délivré. Quiconque, ayant vu ce rescrit, s’en écarterait — selon le règlement du saint décret, n’auriez-vous pas peur ? — qu’il ne fasse pas, face à ce rescrit, de ces choses contraires au règlement. Écrit au moment où [le Précepteur d’État] se trouvait au grand temple Huguo Renwang de Gaolianghe, le vingt-troisième jour du troisième mois de l’année du Serpent.
右碑额篆大元国师法旨碑,高四尺四寸,广二尺三寸。碑分上下二层。上层刻西僧梵书,凡十一例横读,字如钩丝下垂。下层刻法旨二十五行,行十四字,真书径六分,即上层西僧书,而以汉文译之。
Le fronton de cette stèle porte en sigillaire « Stèle du rescrit du Précepteur d’État du Grand Yuan » ; elle est haute de quatre pieds quatre pouces et large de deux pieds trois pouces. La stèle se divise en deux registres, supérieur et inférieur. Le registre supérieur grave l’écriture brahmique d’un moine occidental, en tout onze rangées qui se lisent horizontalement, les caractères comme des crochets et des fils pendant vers le bas. Le registre inférieur grave le rescrit sur vingt-cinq lignes de quatorze caractères chacune, en écriture régulière de six fen de diamètre ; c’est l’écriture du moine occidental du registre supérieur, traduite en langue han.
案泰山道里记称:灵䕾寺千佛殿前后壁勒宋、元、明碑,有元蛇儿年国师法旨碑蒙古字。今验此碑是西僧梵书,云蒙古字者,非也。碑云大灵岩寺住坐的僧人定岩长老。据提点贞公塔铭,是定岩撰,其碑立于至正元年,则定岩之住持灵岩,自属至正元年以前之事。又举公提点塔铭亦定岩书,已称当代住持。其碑立于后至元二年,则是时定岩已住持矣。文称举公于大德丁未诣朝廷陈告,钦赍圣旨,还民占僧田,回付本寺,又奉皇太子令旨、帝师法旨,护持山门云云,似即此碑所刻之圣旨、法旨也。但大德丁未非蛇年,或陈告在大德丁未,赍领法旨又在已年,又或国师法旨旧文是蛇年所发,当举公陈告时,国师即取已前法旨写付之,皆未可知。在殿外东壁,西向。
Note : le Record des chemins du mont Tai rapporte que les murs avant et arrière de la Salle des Mille Bouddhas du temple Lingyan gravent des stèles des Song, des Yuan et des Ming, parmi lesquelles une stèle du rescrit du Précepteur d’État de l’année du Serpent des Yuan, en écriture mongole. Or l’examen de cette stèle montre qu’il s’agit de l’écriture brahmique d’un moine occidental ; dire « écriture mongole » est une erreur. La stèle dit « le moine et vénérable Dingyan, résidant au grand temple Lingyan ». Selon l’inscription de la pagode du surveillant Zhen, composée par Dingyan, dont la stèle fut dressée en la première année de l’ère Zhizheng, l’abbatiat de Dingyan à Lingyan relève donc d’avant la première année de Zhizheng. En outre, l’inscription de la pagode du surveillant Ju est aussi de la main de Dingyan, qui s’y qualifie déjà d’abbé en exercice ; cette stèle fut dressée en la deuxième année de la seconde ère Zhiyuan — à cette date, Dingyan était donc déjà abbé. Le texte dit que le vénérable Ju, en l’année dingwei de l’ère Dade, alla à la cour déposer sa requête, reçut par grâce impériale un saint décret restituant les terres monacales usurpées par le peuple et les rendant à son monastère, et reçut encore l’ordonnance du prince héritier et le rescrit du Précepteur impérial pour protéger les portes de la montagne, etc. — il semble que ce soient précisément le saint décret et le rescrit gravés sur cette stèle. Mais l’année dingwei de l’ère Dade n’est pas une année du Serpent ; ou bien la requête eut lieu en l’année dingwei de Dade et la réception du rescrit dans une année [du Serpent] ultérieure, ou bien l’ancien texte du rescrit du Précepteur d’État avait été émis dans une année du Serpent et, lorsque le vénérable Ju déposa sa requête, le Précepteur d’État prit un rescrit antérieur et le lui remit par écrit — on ne peut le savoir. [La stèle se trouve] sur le mur est, hors de la salle, face à l’ouest.
Qi Sheng (Chronique de Qi)
灵岩寺,府南八十里灵岩山中。其山与方山相连,南接泰山,北带龙洞,极为深秀,疑即水经之玉符山也。寺乃佛图澄卓锡之地,有立鹤泉、佛日岩、辟支塔。自山麓至寺门十余里,古松参天,亦谓之十里松。历代碑志具存。
Le temple Lingyan se trouve dans le mont Lingyan, à quatre-vingts li au sud de la préfecture. Cette montagne est reliée au mont Fang, joint le mont Tai au sud et ceint la caverne du Dragon au nord ; elle est d’une beauté profonde extrême, et l’on soupçonne qu’elle est le mont Yufu du Classique des eaux. Le temple est le lieu où Fotucheng planta son bâton ; il y a la source de la Grue dressée, le rocher du Soleil du Bouddha et la pagode Pizhi. Du pied de la montagne à la porte du temple, il y a plus de dix li de vieux pins touchant le ciel — on les appelle aussi les « dix li de pins ». Les stèles et inscriptions des dynasties successives y sont toutes conservées.
Chongxiu Qianfo Dian Ji bing Ci (Chronique de la reconstruction de la Salle des Mille Bouddhas, avec ode)
夫金轮御世,道化敷于四洲;玉历授时,仁风被于九月。然有功限于齐量,势穷于舆图,未尽人天,宁遍沙界。惟夫佛者,四生慈父,三界明师。于微尘中含授十方世界,非少非多,以利那顷,过百千万劫,无久无速。来而非来,降王宫而离兜率,去而非去,坐双树而入涅盘。修而无修,历三祗而成万行,证而无证,空十地。而贝三身,半偈片言,照昏途之朗炬;千函万辅,越苦海之起航。此共等出界于渔。二视功德干滴水不容拟议,岂可知而五理,萧关开据,各成功愿。于是随机应世,劫分后先,说法度生,土有净秽。惟华藏世界,娑婆层在十三,贤劫慈尊释迦,名当第四,过去庄严,未来呈宿,俱有千佛,圆果十方,历穷三世,数等恒沙。性海无边,心光遍摄,尘沙刹境,不隔毫端;十世古今,未移当念。是故一即一切,一切即一。况供千尊,巳该无量;二闻名号,早脱轮回。但睹光明,即登极乐,信解者自证无生,迷惑者竟沉有漏。此诸方耆宿,借严饬以启真缘;历代王臣,假檀施以明信力。总之,然慧灯以继日川之先,浚灵源以滋江海之润者也。
Quand la roue d’or gouverne le monde, la transformation de la Voie se répand sur les quatre continents ; quand le calendrier de jade dispense les saisons, le vent de la bienveillance se déploie sur les neuf mois. Pourtant le mérite est limité par la mesure, et la puissance s’épuise aux confins de la carte : on n’épuise pas [tous les êtres des sphères] humaine et céleste, comment atteindre tous les mondes, nombreux comme les sables ? Seul le Bouddha est le père compatissant des quatre naissances, le maître lumineux des trois mondes. Dans un grain de poussière il contient et dispense les mondes des dix directions — ni peu ni beaucoup ; en l’espace d’un kshana il parcourt cent mille myriades de kalpas — ni long ni bref. Venir sans venir : descendant au palais royal, il quitta Tushita ; partir sans partir : assis entre les deux arbres, il entra dans le nirvana. Cultiver sans cultiver : passant par trois asamkhyeya, il accomplit les dix mille pratiques ; attester sans attester : vidant les dix terres, [il manifesta] les trois corps. Une demi-strophe, une parole fragmentaire : torche éclatante qui illumine le chemin obscur ; mille coffres et dix mille classeurs : navire qui prend le large pour franchir la mer des souffrances. Tous ensemble, ils franchissent les limites [du monde…]. Quant à ce mérite, une goutte d’eau ne souffre aucune comparaison ; comment le sonder […] ? Selon la passe qu’ils ouvrent et occupent, chacun accomplit son vœu. Alors, selon les dispositions, il répond au monde ; les kalpas se partagent en après et avant ; il expose la Loi et sauve les êtres ; les terres ont leur pureté et leur souillure. Dans le monde de la Réserve de fleurs, notre monde Saha occupe la treizième couche ; le Vénéré compatissant de l’ère des Sages, Shakyamuni, porte le quatrième nom ; dans le passé glorieux comme dans l’avenir [révélé], il y a partout mille bouddhas, dont le fruit parfait emplit les dix directions, traversant à fond les trois âges, en nombre égal aux sables du Gange. La mer de la nature est sans bords, la lumière du cœur embrasse tout ; les terres de bouddha, nombreuses comme les poussières et les sables, ne sont pas séparées d’un bout de cheveu ; les dix âges du passé et du présent n’ont pas quitté la pensée présente. C’est pourquoi un est tout et tout est un. À plus forte raison, qui fait offrande aux mille vénérés embrasse déjà l’incommensurable ; qui entend une fois leur nom et leur titre se dégage tôt du cycle des renaissances. Qui ne fait qu’apercevoir leur lumière monte aussitôt à la Béatitude suprême ; celui qui croit et comprend atteste par soi-même le non-né, celui qui s’égare finit par sombrer dans le souillé. C’est ainsi que les anciens de tous les lieux empruntent la solennité des ornements pour ouvrir les conditions véridiques, et que les rois et les ministres des dynasties successives se servent des aumônes pour manifester la force de la foi. En somme, c’est allumer la lampe de la sagesse pour prolonger l’éclat du soleil et des fleuves, creuser la source numineuse pour nourrir le flot des fleuves et des mers.
灵岩禅寺者,峰连岱岳,谷号金舆。朗和尚开山于初,则七帝承风而遥礼;定禅师宏法于后,则四众钦德而皈依。龙象经行,灵异互显。逮于今曰,道法陵夷,僧废清规,人罕正信,苾𫇴散于饥馑,殿阁北干风霜,灵泉鸣咽而断流,宝树萧疏而失荫。于是德藩先定王以夙世机缘,捐施帑藏;世殿下以深心仁孝,成就功德。先是丁亥之春,有密藏上人结盟于林壑;戊子之夏,则达观和尚说法于山岩。于时典宝副陈奉者,方奉王命,督理寺工,受三言于密藏,投五体于达观。奉戒精严,监工勤慎,遂尔山门炳焕,殿宇崔嵬。千佛殿者,面拥群峰,背环万壑。方文廊庑,隐苍蔼于星罗;宝刹浮屠,出翠微而云起。玲珑栋宇,映日月而绕烟霞;轩豁檐楹,俯林峦而开紫翠。香灯于金碧辉煌,梵呗杂风泉上下。莲花座上,依然三十二相之庄严;菩提树前,俨然八万千门之妙好。一投礼而千佛慈光,总为摄受;一瞻仰而十方觉圣,尽属便依。此众生成佛之良因,诸佛度生之宏愿,时有待而道法兴,缘既合而事理会,大非偶然之故者矣。余幼攻坟典,叨列贤科;长阅梵文,未究精义。天地雷雨,半偈才闻,燕市香花,一言偶契,望云肠断,息骢继以西来,跪雪心安,值鹫影而东步。时复有曹林文上人、昙旭晓行者,依杖履而参最上之乘;新安汪车骑,平阴张参军,受经偈而求无生之义。余媿非利根,幸赡盛事。勒文金石,历万劫以长存;矢志星霜,尽群生而普度。爰作颂言,用诏来世。
Le temple chan Lingyan : ses pics rejoignent le Vénéré du Dai, sa vallée s’appelle Chariot d’or. Le moine Lang ouvrit la montagne au commencement, et sept empereurs en reçurent le souffle et le saluèrent de loin ; le maître chan Ding propagea largement la Loi ensuite, et les quatre assemblées admirèrent sa vertu et s’y convertirent. Dragons et éléphants s’y promenèrent, prodiges et merveilles s’y manifestèrent tour à tour. Jusqu’à nos jours, la Voie et la Loi déclinèrent, les moines abandonnèrent les règles pures, les hommes eurent rarement la foi droite ; les bhikshu se dispersèrent dans la famine, les salles et pavillons se desséchèrent au vent et au givre, les sources numineuses sanglotèrent et cessèrent de couler, les arbres précieux s’éclaircirent et perdirent leur ombre. Alors le prince régnant de la principauté de De, le prince Ding de mémoire, par affinité des vies passées, fit don de son trésor ; Son Altesse l’héritier, par un cœur profondément bienveillant et filial, acheva le mérite. Auparavant, au printemps de l’année dinghai, le vénérable Mizang s’était lié d’alliance dans les bois et les ravins ; à l’été de l’année wuzi, le moine Daguan exposa la Loi sur les rochers de la montagne. À ce moment, l’adjoint au trésor Chen Feng, qui venait de recevoir l’ordre du prince de superviser les travaux du monastère, reçut les trois paroles de Mizang et jeta ses cinq membres aux pieds de Daguan. Observant les préceptes avec pureté et rigueur, surveillant les travaux avec diligence et soin, voilà que les portes de la montagne resplendirent et que les salles se dressèrent hautes. La Salle des Mille Bouddhas : sa face étreint une foule de pics, son dos enlace dix mille ravins. La cellule carrée et les galeries se cachent dans l’azur brumeux semé d’étoiles ; le monastère précieux et le stupa surgissent des vertes cimes où se lèvent les nuages. Les bâtisses ciselées reflètent le soleil et la lune et s’entourent de brumes et de nuées ; les avant-toits et les colonnes spacieux dominent les bois et les crêtes et s’ouvrent sur le pourpre et le vert. Lampes et encens dans la splendeur de l’or et de l’azur, chants brahmiques mêlés au vent et aux sources, en haut et en bas. Sur le siège de lotus, demeure la solennité des trente-deux marques ; devant l’arbre du bodhi, se tiennent les merveilles des quatre-vingt mille portes. Une seule prosternation, et la lumière compatissante des mille bouddhas vous accueille tout entier ; un seul regard levé, et les saints éveillés des dix directions deviennent tous votre refuge. C’est la bonne cause par laquelle les êtres deviennent bouddhas, le vœu immense par lequel les bouddhas sauvent les êtres : le temps attendu et la Voie prospère, les conditions réunies et les faits s’accordent — cela n’a vraiment rien d’une rencontre fortuite. Dans ma jeunesse, j’étudiai les livres anciens et eus l’honneur de figurer parmi les lettrés ; adulte, je lus les textes brahmaniques sans en pénétrer le sens subtil. Sous les tonnerres et les pluies du ciel et de la terre, à peine entendis-je une demi-strophe ; parmi les fleurs et l’encens du marché de Yan, une seule parole me toucha par hasard ; regardant les nuages, le cœur brisé, j’arrêtai mon cheval et poursuivis vers l’ouest ; à genoux dans la neige, le cœur apaisé, je rencontrai l’ombre du Vautour et m’en fus vers l’est. À ce moment il y avait encore le vénérable Wen de Caolin, le pratiquant Tanxu Xiao, qui suivirent le bâton et les sandales pour étudier le véhicule suprême ; le général des chars Wang de Xin’an, l’officier d’état-major Zhang de Pingyin, qui reçurent les sutras et les strophes pour chercher le sens du non-né. Honteux de ne pas être une racine vive, j’eus la chance d’être témoin de cette grande œuvre. Graver le texte dans le bronze et la pierre : qu’il demeure longtemps à travers dix mille kalpas ; vouer ma volonté aux étoiles et aux givres : que tous les êtres soient universellement sauvés. J’ai donc composé ces paroles d’éloge, pour les annoncer aux âges futurs.
其词曰:邈焉无始,真妄混淆。情尘结集,爱流动摇。想成国土,识作众生。六趣轮回,苦海冥冥。爰有觉皇,发慈宏愿。用作津梁,登之彼岸。大海无润,至仁无恩。恒沙普度,谁测弘深。大发东流,名蓝星列。金碧香花,然灯长夜。泰山之麓,是惟灵岩。云霞荟蔚,峰壑连绵。汉魏晋唐,代有龙象。禅律相承,玄风远畅。正法既邈,相教亦微。缁流奔散,谁复皈依。天启哲王,克仁克孝。藩屏帝邦,金汤圣道。内帑既捐,宝刹维新。智人振锡,重转法轮。永奠皇图,长明正法。功德明明,中宵则月。贞石既刊,山泉同久。敢曰能文,共慈不杇。滴水见海,昭昭见天。一薰一觞,成佛因缘,如金在矿,矿去成金,不生不灭,谛信惟心。
L’ode dit : Lointain, sans commencement, le vrai et le faux s’y confondent. Les poussières des passions s’agglomèrent, le courant de l’amour ballotte. La pensée forme les terres et les royaumes, la conscience fait les êtres. Les six destinées tournent en rond, la mer des souffrances est ténébreuse. Alors il y eut le Roi éveillé, qui émit le vœu immense de compassion, s’en servit comme de ponts et de gués pour mener à l’autre rive. La grande mer ne refuse aucune humidité, la bienveillance suprême ne connaît pas de faveur. Sauvant universellement [des êtres nombreux comme] les sables du Gange, qui sonderait sa profondeur immense ? La grande [Loi] jaillit et coule vers l’est, les monastères illustres s’alignent comme les étoiles. Or et azur, fleurs et encens, une lampe allumée dans la longue nuit. Au pied du mont Tai, voilà le Lingyan. Nuages et brumes s’y amassent, pics et ravins s’y prolongent. Han, Wei, Jin, Tang : chaque époque eut ses dragons et éléphants. Chan et discipline se succédèrent, le souffle mystérieux souffla au loin. La Loi véritable étant devenue lointaine, l’enseignement des apparences s’affaiblit aussi. Les robes sombres s’enfuirent et se dispersèrent — vers qui se convertir encore ? Le Ciel illumina un roi sage, capable de bienveillance et de piété filiale. Écran et haie du pays impérial, muraille d’or et fossé d’eau bouillante de la Voie sainte. Le trésor intérieur fut donné, le monastère précieux fut renouvelé. L’homme de sagesse secoua son bâton, et fit de nouveau tourner la roue de la Loi. Qu’asseye à jamais le dessein impérial, qu’éclaire longtemps la Loi véritable. Le mérite est resplendissant, comme la lune au cœur de la nuit. La pierre fidèle étant gravée, qu’elle dure autant que les montagnes et les sources. Oserais-je dire que je sais écrire ? Avec la compassion, qui ne se flétrit pas. Dans une goutte d’eau on voit la mer, dans une clarté on voit le ciel. Un peu d’encens, une coupe d’offrande : conditions pour devenir bouddha. Comme l’or dans le minerai : le minerai parti, l’or s’accomplit — ni naissance ni extinction, crois en vérité que tout est le cœur seul.
Changqing Xianzhi (Chronique du district de Changqing)
十四年大旱十五年大旱十六年大旱秋陨霜杀菽十七年雨雹伤麦陨霜杀菽大无麦禾
Quatorzième année : grande sécheresse. Quinzième année : grande sécheresse. Seizième année : grande sécheresse ; en automne, le givre tomba et tua les légumineuses. Dix-septième année : pluie et grêle endommagèrent le blé, le givre tomba et tua les légumineuses ; il n’y eut ni blé ni céréales.
You Lingyan Ji (Récit d’une visite au mont Lingyan)
域中有四大刹,灵岩居其一,以泰岱之屋乌也,乃希有佛化。见道场,当谷口,有峰堡而立,就之,猊蹲人谷三里许,一梁横跨,水淙淙出焉。北山但苦渴,得水便隹。寺古废,然材尽豫章丽,犹旧家面目。谒五华殿,中须弥,南观音,北药师,东释迦,西阿弥,各庄严精好,云是晋像。殿右古柏,则霜溜石根,与泰山松通寒接气矣。上千佛殿,鲁藩所布金钱也,万𦈏一绘耳。乃入禅室,绿竹漪漪,亦山之阿。从香积厨扪泉而上,谒后土夫人殿,俱雄兀阶前。
Dans le monde il y a quatre grands monastères, et le Lingyan compte pour l’un d’eux, comme la corneille sur le toit du Tai vénéré [par affection pour ce qu’elle touche] ; c’est la transformation du Bouddha rare. Voyez le centre de la Voie : à l’entrée de la vallée, un pic se dresse comme un fort ; en approchant, on dirait un lion accroupi. Trois li dans la vallée, une poutre la traverse de part en part, et l’eau en sort en babillant. La montagne du nord ne souffre que de soif ; avoir de l’eau la rend belle. Le temple est ancien et délabré, mais son bois est tout de beauté de camphrier, gardant encore le visage d’une vieille maison. Je visitai la salle des Cinq Fleurs : Sumeru au centre, Guanyin au sud, le Maître des remèdes au nord, Shakyamuni à l’est, Amitabha à l’ouest, chacune solennelle et exquise — on dit que ce sont des images des Jin. Le vieux cyprès à droite de la salle, dont le givre coule sur les racines de pierre, partage le froid et le souffle avec les pins du mont Tai. Je montai à la Salle des Mille Bouddhas, bâtie de l’argent répandu par la principauté de Lu — dix mille [pièces] pour un seul décor. J’entrai alors dans la cellule chan : bambous verts ondoyants, c’est encore un repli de la montagne. De la cuisine des Odeurs accumulées, je remontai en tâtant la source et visitai la salle de la Dame du Souverain de la Terre — toutes se dressent fières devant leurs marches.
看四山宫宇,费几许膏汗,而今尽不仁也。上达磨庵,随喜铁袈裟从山涌起,高四尺,袒其半文,似水田区金耶。石耶不可辨。或曰神通游戏名山中,往往有之。更上为曲水亭,石可几而流可觞,望江南耶。又上为甘露亭,佛座下,一勺之,多旨而沁。又上为抱灵亭,老壁千仞,云木毵稠,绝似五台秘魔厓。欲访禅林、功德两洞,而路瞑不可即,乃归宿。夜肃如秋,鱼剥鲸𥔀,梦回峰冷。质明礼辟支塔,佛图澄以之镇水者,今渐殂落,愍道人救饥不暇矣。入鲁班洞,门揵不启,幻其事耳。而所谓通明窍者,亦牛首倒影之意,惑愚儿便笑也。王弇州谓其弟有泰山,不可无灵岩。予固食指不静者,即弃此寸脔可矣。是山开于汉,盛于晋唐,中兴于弘正,碣碑卧立,乱如漏泽之标,见未曾有,而皆应付灵岩者。似此间不书一通,终少一段。某人来此也。归途欲草一疏上之,不果,然犹记其略曰:愿乞陛下一专敕使臣乘传走四天下,得便宜行事,仍锡臣墨煤万斛,加以如月之斧。凡遇名胜之地,有所题说者,间存其可,余悉听臣劈抹,用冷泉浇之,三日一雪山川冤辱,以章陛下好生之德。
Voir ces palais et bâtiments sur les quatre montagnes : que de graisse et de sueur ils ont coûtées — et maintenant, tous sont sans pitié. Je montai à l’ermitage de Bodhidharma ; à côté, la kasaya de fer surgit de la montagne, haute de quatre pieds, à demi dénudée de ses motifs — est-ce de l’or cloisonné comme des rizières ? de la pierre ? on ne peut le distinguer. On dit que dans les montagnes illustres, les jeux des pouvoirs surnaturels sont fréquents. Plus haut se trouve le pavillon de l’Eau courbée : la pierre peut servir de table, le courant peut faire flotter la coupe — dirait-on le Jiangnan ? Plus haut encore, le pavillon du Nectar doux ; sous le siège du Bouddha, une cuillerée en est douce et rafraîchissante. Plus haut encore, le pavillon Embrassant le numineux : vieille muraille de mille ren, nuages et arbres drus et flous, tout à fait semblable à la falaise du Démon secret du Wutai. Je voulus visiter les deux grottes de la Forêt chan et du Mérite, mais le chemin s’obscurcit et elles furent inaccessibles ; je regagnai donc le logis. La nuit était austère comme l’automne ; poisson écorché et cloche de baleine — rêve qui revient, pics froids. Au grand jour, je saluai la pagode Pizhi, celle dont Fotucheng se servit pour dompter les eaux ; elle tombe peu à peu en ruine — le pauvre moine n’a même pas le loisir de secourir la faim. J’entrai dans la caverne de Luban : la porte est verrouillée et ne s’ouvre pas — ce ne sont que des fables. Quant au soi-disant « orifice pénétrant la lumière », c’est encore l’idée du reflet renversé du Niushou — de quoi abuser et faire rire les enfants naïfs. Wang Yanzhou disait à son frère : qui a le mont Tai ne peut se passer du Lingyan. Moi qui ai les doigts du goût toujours remuants, je puis bien abandonner ce petit morceau. Cette montagne s’ouvrit sous les Han, prospéra sous les Jin et les Tang, connut un renouveau sous les ères Hongzhi et Zhengde ; stèles et pierres gisent et se dressent, en désordre comme les bornes d’un cimetière public — on n’a jamais rien vu de tel, et toutes s’adressent au Lingyan. Ne pas écrire un texte ici, ce serait laisser un passage manquant. Un tel est venu ici. Sur le chemin du retour, je voulus rédiger un mémoire pour le présenter — sans y parvenir —, mais je me souviens encore de l’essentiel : je souhaite implorer Votre Majesté d’un décret spécial chargeant un envoyé de courir par relais les quatre directions du monde, avec pouvoir d’agir à sa discrétion, et de m’accorder dix mille hu de bâtons d’encre, assortis d’une hache en forme de lune. Chaque fois que, sur un site illustre, il y aurait des inscriptions et des propos, d’en garder par endroits ce qui serait acceptable, et de me laisser tailler et effacer tout le reste, en l’arrosant d’eau de source froide — qu’en trois jours je lave une fois l’affront injuste fait aux montagnes et aux rivières, pour manifester la vertu qu’a Votre Majesté d’aimer la vie.
Taishan Shu Ji (Récit du mont Tai)
灵岩山,在泰山西北四十余里,隶长清县。古称方山,亦称玉符山。岩前多松柏,谓之十里松。元八达氏题识云:岩前松桧时时绿。〇《泰山道里记》云:东晋京兆竺僧朗,事佛图澄,硕学渊通。初止于琨瑞山,降锡焉,往来于此说法,猛兽归伏,乱石点头。灵岩所由名也。旧属泰山郡,唐隶齐州山茌县,寻改为长清县,元属泰安州,今属济南府。按山面南向,自泰山逾长城岭,西北经西棋子岭,蜿蜒挺特,周回六十里。登泰山继游灵岩者,若由泰山后路虽近而崚嶒难行,多由泰安府城西北绕九十里,经长清境之湾德村而入。
Le mont Lingyan se trouve à plus de quarante li au nord-ouest du mont Tai et relève du district de Changqing. On l’appelait anciennement mont Fang, aussi mont Yufu. Devant le rocher abondent pins et cyprès, qu’on appelle les dix li de pins. Une inscription de Madame Bada des Yuan dit : devant le rocher, pins et cyprès sont verts à toute saison. 〇 Le Record des chemins du mont Tai dit : Zhu Senglang de Jingzhao, sous les Jin orientaux, servit Fotucheng ; son savoir était vaste et profond. Il s’arrêta d’abord au mont Kunrui et y abaissa son bâton ; allant et venant ici pour exposer la Loi, les bêtes féroces se soumirent et les pierres éparses hochèrent la tête. C’est de là que le Lingyan tire son nom. Il relevait jadis de la commanderie du mont Tai ; sous les Tang il appartint au district de Shanchi de la préfecture de Qi, qui fut bientôt changé en district de Changqing ; sous les Yuan il releva de la préfecture de Tai’an ; aujourd’hui il relève de la préfecture de Jinan. Note : la montagne fait face au sud ; depuis le mont Tai on franchit la crête de la Grande Muraille, et au nord-ouest, par la crête occidentale des Pions, elle serpente, droite et singulière, sur un tour de soixante li. Ceux qui gravissent le mont Tai puis visitent le Lingyan, s’ils passent par le chemin de derrière du mont Tai — plus court mais hérissé et difficile —, font pour la plupart le détour de quatre-vingt-dix li au nord-ouest de la ville préfectorale de Tai’an et entrent par le village de Wande du territoire de Changqing.
东北为鸡鸣山,下有台有洞,夜半尝闻鸡鸣。山西岩曰麻衣洞,元李坚栖隐处。束北过大溪,为入灵岩各路之会。
Au nord-est se trouve le mont du Chant du coq ; au-dessous, une terrasse et une grotte — à minuit on y entendait jadis chanter un coq. Le rocher occidental de la montagne se nomme grotte de Mayi : lieu où Li Jian des Yuan vécut en reclus. Au nord, franchissant le grand ruisseau, c’est le point de jonction de toutes les routes qui entrent au Lingyan.
济南府境东南为宋靳八公故里,曰靳庄。有迟贤亭,壁内勒号啕归别处,结彩便飞云十大字,后书熙庆留题,疑为吕仙迹。
Au sud-est du territoire de la préfecture de Jinan se trouve le village natal du vieux Jin Huitième des Song, dit bourg de Jin. Il y a là le pavillon de l’Attente du sage ; sur son mur sont gravés les dix grands caractères « Pleurant à chaudes larmes, retourner ailleurs ; nouant des banderoles, s’envoler aussitôt dans les nuages », suivis de l’inscription « laissé par Xiqing » — on soupçonne une trace de l’immortel Lü.
东南为塔宝峪,立石如塔,中空莹然。又东跨道为坊,额曰灵岩胜境,乾隆二十六年建。
Au sud-est se trouve la vallée du Trésor de la pagode, où une pierre dressée comme une pagode, creuse et translucide au milieu. Plus à l’est, un portique enjambe le chemin, dont la plaque dit « Site merveilleux du Lingyan » — construit en la vingt-sixième année de l’ère Qianlong.
东南为黄岘山,有老虎窝。东为明孔山,其山一孔,南北相通,盘旋北入,内有石佛像。再入一窟甚深。山巅有灵光亭。圯。
Au sud-est se trouve le mont Huangxian, avec la Fosse aux tigres. À l’est se trouve le mont du Trou lumineux : la montagne est percée d’un trou qui communique du sud au nord ; on y entre en tournoyant par le nord, et au-dedans il y a des statues de Bouddha en pierre. En entrant plus avant, une caverne très profonde. Au sommet de la montagne se trouvait le pavillon de la Lumière numineuse. Effondré.
东为涤思峪,又东为大横沟、崇兴桥,俗呼大石桥,又名通灵桥。有宋大观二年侩仁钦修桥碑,郭思撰,王高篆额,郭升卿正书。北面先勒元丰王临飞白大书灵岩道场四大字。
À l’est se trouve la vallée de la Pensée lavée ; plus à l’est, le grand fossé Heng et le pont Chongxing, vulgairement appelé grand pont de pierre, aussi nommé pont Pénétrant le numineux. Il y a une stèle de la réparation du pont par le moine Renqin, deuxième année de l’ère Daguan des Song, composée par Guo Si, avec fronton sigillaire de Wang Gao et écriture régulière de Guo Shengqing. La face nord grave d’abord les quatre grands caractères « Centre de la Voie du Lingyan », en grande écriture blanche volante de Wang Lin de l’ère Yuanfeng.
又东为小横沟、明空桥,俗呼小石桥,明人重建。东有龟背石。西南为滴水崖,乾隆二十二年,皇上赐名雨花崖。〇《泰山道里记》云:其地出上水石,徵泥如石,虽小亦自具丘壑。
Plus à l’est, le petit fossé Heng et le pont Mingkong, vulgairement appelé petit pont de pierre, reconstruit par des hommes des Ming. À l’est il y a la pierre du Dos de tortue. Au sud-ouest se trouve la falaise de l’Eau dégouttante ; en la vingt-deuxième année de l’ère Qianlong, l’Empereur lui conféra le nom de falaise de la Pluie de fleurs. 〇 Le Record des chemins du mont Tai dit : ce lieu produit des pierres qui absorbent l’eau, dont la texture appelle la boue comme la pierre ; si petites soient-elles, elles possèdent d’elles-mêmes collines et ravins.
东南为凌霄峰,又东为黄茅冈,为南溪,东为北溪,即饮马沟。有新石桥。李兴祖《灵岩志》称:宋真宗幸灵岩,曾此饮马。
Au sud-est se trouve le pic Touchant le ciel ; plus à l’est, la colline des Graminées jaunes, puis le ruisseau du Sud ; à l’est, le ruisseau du Nord, c’est-à-dire le fossé de l’Abreuvage des chevaux. Il y a un pont de pierre neuf. La Chronique du Lingyan de Li Xingzu rapporte que Zhenzong des Song, visitant le Lingyan, y abreuva jadis ses chevaux.
东为伽蓝殿,西壁勒宋李尧文题名。西南为地藏𤲅,东南为药师佛殿、思议佛殿,皆圮。
À l’est se trouve la salle du Gardien du monastère ; son mur ouest grave une inscription nominative de Li Yaowen des Song. Au sud-ouest se trouve la salle de Kshitigarbha ; au sud-est, les salles du Bouddha Maître des remèdes et du Bouddha Inconcevable — toutes effondrées.
又西北为方山神祠,壁勒前贤题咏,补书苏辙诗跋。东旁有丰碑,元文书讷大书大灵岩寺四字,南面镌僧家奴跋。北即灵岩寺,则《泰山道里记》云:殿阁层晖。按《北魏孝文帝本纪》:太和三年,起灵泉殿、思远佛寺于方山,遂屡幸焉。正光初,僧法定复兴拓建,曰灵岩寺,见郭思石桥碑记。《隋文帝本纪》:开皇十五年,旅玉符,疑即此寺。旧址在甘露泉西,唐贞观时,徙于西南麓。宋熙宁间移建于此,仍额灵岩。有敕牒碑,历代修葺,制加详焉。
Plus au nord-ouest se trouve le sanctuaire du dieu du mont Fang ; son mur grave les poèmes des sages d’autrefois, et l’on a complété la copie du colophon du poème de Su Zhe. À côté, à l’est, il y a une grande stèle : les quatre grands caractères « Grand temple Lingyan », en grande écriture du fonctionnaire des Yuan Shuna, avec au sud un colophon gravé du moine Jianu. Au nord se trouve le temple Lingyan, dont le Record des chemins du mont Tai dit : salles et pavillons, éclat superposé. Note : selon les Annales fondamentales de l’empereur Xiaowen des Wei du Nord, en la troisième année de l’ère Taihe on éleva au mont Fang la salle de la Source numineuse et le temple bouddhique Siyuan, et il s’y rendit à maintes reprises. Au début de l’ère Zhengguang, le moine Fading le releva et l’agrandit de nouveau, sous le nom de temple Lingyan — voir la chronique de la stèle du pont de pierre de Guo Si. Les Annales fondamentales de l’empereur Wen des Sui : en la quinzième année de l’ère Kaihuang, il séjourna à Yufu — il s’agit sans doute de ce temple. L’ancien site se trouvait à l’ouest de la source du Nectar doux ; à l’ère Zhenguan des Tang, on le déplaça au pied sud-ouest. Sous les Song, à l’ère Xining, on le transféra et le bâtit ici, gardant la plaque « Lingyan ». Il y a une stèle d’acte impérial ; restauré de dynastie en dynastie, son agencement est devenu toujours plus complet.
北为大雄殿,殿七间,祀观音、文殊、普贤。〇《泰山道里记》云:此殿即宋之献堂及山门,本无像设,皆明正德褒鲁藩所增置也。
Au nord se trouve la salle du Grand Héros, de sept travées, où sont vénérés Guanyin, Manjushri et Samantabhadra. 〇 Le Record des chemins du mont Tai dit : cette salle est la salle des Offrandes et la porte de la montagne des Song ; à l’origine sans images, tout fut ajouté par la principauté de Lu récompensée à l’ère Zhengde des Ming.
东为韦驮殿,西为观音堂,由甘露泉迁此。大殿北为五花阁,上祀大士,下祀圆通菩萨。西有古桧一株,皇上赐名曰摩顶松。《灵岩志》云:唐贞观中,僧陈元奘降锡灵岩,将往西域求经,时,有小桧掌摩其顶,今干枯枝茂,石栏护之。
À l’est se trouve la salle de Weituo ; à l’ouest, la salle de Guanyin, transférée ici de la source du Nectar doux. Au nord de la grande salle se trouve le pavillon des Cinq Fleurs : en haut on vénère le Grand Être, en bas le bodhisattva de la Parfaite Pénétration. À l’ouest il y a un vieux genévrier, auquel l’Empereur a conféré le nom de « pin caressant le sommet ». La Chronique du Lingyan dit : à l’ère Zhenguan des Tang, le moine Chen Yuanzang abaissa son bâton au Lingyan ; sur le point de partir dans les Régions occidentales quérir les sutras, il y avait alors un petit genévrier dont la paume caressa son sommet ; aujourd’hui le tronc est desséché et les branches luxuriantes, et une balustrade de pierre le protège.
西为蒲勒殿,又西地洞深邃,口鲁班洞,又曰巨和洞。上为十王殿,外有宋宣和五百罗汉碑。
À l’ouest se trouve la salle Pule ; plus à l’ouest, une caverne souterraine profonde, dite caverne de Luban, aussi dite caverne Juhe. Au-dessus se trouve la salle des Dix Rois ; à l’extérieur, une stèle des cinq cents arhats de l’ère Xuanhe des Song.
五花阁东北为弥勒殿旧基,乾隆二十一年建。驻跸亭内有古柏一株,明王之士碣曰汉柏。周垣勒前人题咏。
Au nord-est du pavillon des Cinq Fleurs se trouvent les anciennes fondations de la salle de Maitreya, rebâties en la vingt-et-unième année de l’ère Qianlong. Dans le pavillon de la Halte impériale il y a un vieux cyprès, dont une stèle de Wang Zhishi des Ming dit « cyprès des Han ». Le mur d’enceinte grave les poèmes des hommes d’autrefois.
又东北苍崖之阳,有卓锡泉,又名锡杖泉,世传为佛图澄锡枝卓出者。泉水西流,汇为镜池,俗呼功德池。上有卓锡亭。东有二井相连,碣曰双鹤泉,亦曰立鹤泉。金陈寿恺记云:昔法定建。寺患其无水,双鹤飞鸣其下,涓涓,果得二泉,今一泉塞。
Plus au nord-est, au versant ensoleillé de la falaise grise, il y a la source du Bâton planté, aussi dite source du Khakkhara, dont la tradition dit que Fotucheng la fit jaillir en y plantant la branche de son bâton. L’eau de la source coule vers l’ouest et s’amasse en l’étang du Miroir, vulgairement appelé étang du Mérite. Au-dessus se trouve le pavillon du Bâton planté. À l’est, deux puits se rejoignent ; la stèle dit « source des Deux Grues », aussi dite source des Grues dressées. La chronique de Chen Shoukai des Jin dit : jadis, Fading bâtissant le monastère, celui-ci souffrait du manque d’eau ; deux grues volèrent en criant au-dessous, un mince filet jaillit — et l’on trouva bien deux sources ; aujourd’hui l’une est bouchée.
西北为千佛殿,殿七间,中祀毗卢,漆藤为之,配以药师、弥陀,范铜为之。左右小佛千余。唐贞观中,侩慧崇移建,历代拓修。内有宋元明碑。
Au nord-ouest se trouve la Salle des Mille Bouddhas, de sept travées ; au milieu est vénéré Vairocana, fait de laque et de rotin, flanqué du Maître des remèdes et d’Amitabha, coulés en bronze. De part et d’autre, plus d’un millier de petits bouddhas. À l’ère Zhenguan des Tang, le moine Huichong la transféra et la bâtit ; les dynasties successives l’agrandirent et la réparèrent. À l’intérieur, des stèles des Song, des Yuan et des Ming.
东北为御书阁,慧崇建唐僧陈元奖译经处。〇《泰山道里记》云:有大观时仁钦篆书阁额,万历间重刊,而志误为贞观御笔。阁壁周嵌历代石刻,如蔡卞所书圆通经,尤妙绝。
Au nord-est se trouve le pavillon de l’Écriture impériale, construit par Huichong, lieu où le moine des Tang Chen Yuanjiang traduisit les sutras. 〇 Le Record des chemins du mont Tai dit : il y a le fronton du pavillon en écriture sigillaire de Renqin, du temps de l’ère Daguan, regravé à l’ère Wanli — et la chronique le prend à tort pour un pinceau impérial de l’ère Zhenguan. Les murs du pavillon encastrent tout autour des inscriptions lapidaires des dynasties successives ; le Sutra de la Parfaite Pénétration calligraphié par Cai Bian est notamment d’une beauté suprême.
北上为超然亭,圯,今为方文禅堂。阁东为后土殿,阁西为般舟殿,周垣嵌历代石刻。西为辟支塔,塔九级,唐天宝中建,宋元明重修。西偏为藏经殿,乾隆十四年毁于火,元张起岩创建龙藏碑。其后为倚翠亭。西为和尚林,有唐夭宝中慧崇塔及宋元塔铭。西北为松风阁,稍西为朝元殿。
En remontant au nord se trouve le pavillon de l’Envol, effondré ; c’est aujourd’hui la salle chan de la cellule carrée. À l’est du pavillon se trouve la salle du Souverain de la Terre ; à l’ouest du pavillon, la salle Pratyutpanna ; le mur d’enceinte encastre des inscriptions lapidaires des dynasties successives. À l’ouest se trouve la pagode Pizhi, de neuf étages, construite à l’ère Tianbao des Tang et reconstruite sous les Song, les Yuan et les Ming. À l’ouest un peu à l’écart se trouve la salle de conservation des écrits, détruite par le feu en la quatorzième année de l’ère Qianlong, avec la stèle de la fondation du Dépôt du Dragon par Zhang Qiyan des Yuan. Derrière elle se trouve le pavillon Appuyé au vert. À l’ouest se trouve le Bois des moines, avec la pagode de Huichong de l’ère Tianbao des Tang et des inscriptions de pagodes des Song et des Yuan. Au nord-ouest se trouve le pavillon du Vent des pins ; un peu plus à l’ouest, la salle de l’Audience des origines.
南下为关帝庙,后土殿东为定公殿,圯,有陈寿恺撰定公图序碣。
En descendant au sud se trouve le temple de l’empereur Guan ; à l’est de la salle du Souverain de la Terre se trouve la salle du vénérable Ding, effondrée, où il y a la stèle de la préface au portrait du vénérable Ding composée par Chen Shoukai.
又北为玉皇殿,自韦驮殿东为转轮藏,内为孔雀佛殿,址改为公馆。东为达摩殿,自伽蓝殿东过仙人岩,为白衣殿、星月楼及𫄙摩恭皆圯。稍东为铁袈裟亭,旁有印池,上有接引佛殿圯。
Plus au nord se trouve la salle de l’Empereur de jade ; depuis l’est de la salle de Weituo se trouve le dépôt tournant ; au-dedans, la salle du Bouddha du paon, dont l’emplacement a été changé en résidence officielle. À l’est se trouve la salle de Bodhidharma ; depuis l’est de la salle du Gardien, passant le rocher de l’Immortel, se trouvent la salle de la Blanche et la tour des Étoiles et de la Lune, ainsi que la salle Qiumogong — toutes effondrées. Un peu plus à l’est se trouve le pavillon de la Kasaya de fer ; à côté, l’étang du Sceau ; au-dessus, la salle du Bouddha qui accueille et guide — effondrée.
《灵岩志》云:昔法定时,有铁物自地涌出,高六尺许,如袈裟披折,上篆书铁袈裟三字。旧在甘露泉之达摩殿,后移置于此。
La Chronique du Lingyan dit : jadis, au temps de Fading, un objet de fer jaillit de la terre, haut d’environ six pieds, comme une kasaya drapée et plissée, portant en écriture sigillaire les trois caractères « kasaya de fer ». Elle se trouvait anciennement dans la salle de Bodhidharma de la source du Nectar doux, puis fut transférée ici.
北为行宫,中有爱山楼,北崖如屏帏,有仁钦所建抱灵亭,又曰绝景池。西别构观花亭,对峙。崖之东北址,甘露泉出焉,为灵岩第一名泉也。池西旧有石龟泉,今涸。〇《泰山道里记》云:其地相传为金陈寿恺、元杜仁杰隐居处。古木参差,多老檀,礧砢臃肿,若虬龙状。志称千岁檀也。
Au nord se trouve le palais de voyage, où se trouve la tour Aimant les montagnes ; la falaise du nord est comme un paravent ; il y a le pavillon Embrassant le numineux construit par Renqin, et ce qu’on appelle l’étang du Site sans pareil. À l’ouest, séparément construit, le pavillon de la Contemplation des fleurs lui fait face. Au pied nord-est de la falaise jaillit la source du Nectar doux, la première source illustre du Lingyan. À l’ouest de l’étang il y avait anciennement la source de la Tortue de pierre, aujourd’hui tarie. 〇 Le Record des chemins du mont Tai dit : ce lieu passe, selon la tradition, pour avoir été la retraite de Chen Shoukai des Jin et de Du Renjie des Yuan. Les arbres anciens y sont inégaux, avec beaucoup de vieux sandaux, bossués et noueux, comme des dragons corniculés. La chronique les appelle sandaux de mille ans.
东北为小石尸,峭壁平台,曰可公床,明释嗔可憩此,《朗公传》勒崖侧。东为大石尸,一名半室崖。由小石厂而上,北为白云洞,旁有驻跸亭。西过转山,亦有驻跸亭。北崖最高处为悬星崖,俗呼功德顶。石龛宏敞,有佛像,皆因石为之则。《北魏孝文帝本纪》:太和三年,于方山起文石室。五年,建永固石室于山上,立碑于石室之庭。八年,幸方山石窟寺,盖谓此也。龛刻宋元人题名。
Au nord-est se trouve la petite Terrasse de pierre, falaise escarpée et plateforme, dite Couche du vénérable Ke — le moine Ke des Ming s’y reposait ; la Biographie du vénérable Lang est gravée au flanc de la falaise. À l’est se trouve la grande Terrasse de pierre, autre nom : falaise de la Demi-chambre. De la petite Terrasse de pierre en montant, au nord se trouve la caverne des Nuages blancs, avec à côté un pavillon de la Halte impériale. À l’ouest, passant la montagne Tournante, il y a aussi un pavillon de la Halte impériale. Au point le plus haut de la falaise du nord se trouve la falaise des Étoiles suspendues, vulgairement appelée Sommet du mérite. La niche de pierre est vaste et ouverte, avec des statues de Bouddha, toutes faites suivant la pierre. Les Annales fondamentales de l’empereur Xiaowen des Wei du Nord : en la troisième année de l’ère Taihe, on éleva au mont Fang la chambre de pierre ornée ; en la cinquième année, on construisit la chambre de pierre de l’Éternelle solidité sur la montagne et l’on dressa une stèle dans la cour de la chambre de pierre ; en la huitième année, il visita le temple des grottes de pierre du mont Fang — c’est sans doute de cela qu’il s’agit. La niche grave des inscriptions nominatives d’hommes des Song et des Yuan.
迤西为拂日岩,顶西北有饮虎池,东崖有老佛窝。西为积翠岩、拂日岩。南为巢鹤岩,相传昔有双鹤止此,直接石坪,幽旷坦豁,谓之哂经台。前有狮蹲岩。东谷口有云窝。又南悬崖有观音洞,三门相通,中有佛像。东南崖勒宋人题名。有坦附岱,地约三亩,不生草,曰无生地。佛家以无生为上乘,故云。
En s’étendant vers l’ouest se trouve le rocher Effleurant le soleil ; au nord-ouest du sommet, l’étang où boivent les tigres ; sur la falaise de l’est, le Nid du vieux Bouddha. À l’ouest, le rocher Amassant le vert et le rocher Effleurant le soleil. Au sud, le rocher où nichent les grues — la tradition dit que jadis deux grues s’y posèrent —, rejoignant droit une plateforme de pierre, retirée, vaste, plane et ouverte, qu’on appelle la terrasse du Sourire aux sutras. Devant, le rocher du Lion accroupi. À l’entrée de la vallée de l’est, le Nid de nuages. Plus au sud, sur la falaise à pic, la grotte de Guanyin, que trois portes font communiquer, avec au milieu des statues de Bouddha. La falaise du sud-est grave des inscriptions nominatives d’hommes des Song. Il y a une étendue plane au pied du Dai, d’environ trois mu de terre, où l’herbe ne pousse pas, dite Terre du non-né : les bouddhistes tiennent le non-né pour le véhicule suprême, d’où le nom.
西为香霏岩,一名绣球山。白云洞。三里为石尾峰。南为灵辟峰,峡通一线,即小天门。东二里有华岩泉,北为华岩寺。圯北五里为野老村,晋张忠隐处。灵辟峰南为朗公山,西岩有朗公石,状如老僧伛立。迤南为九曲峪、朗公寨、朗公泉、朗公石。西南为如来顶、快活岩、卧象岭。又南为珠山。又东双峰圆特,俗呼东西磨山。
À l’ouest se trouve le rocher du Parfum flottant, autre nom : mont de la Boule brodée. La caverne des Nuages blancs. Trois li plus loin, le pic de la Queue de pierre. Au sud, le pic du Numinique ouvert, dont la gorge communique par une fente — c’est la petite Porte du ciel. Deux li à l’est, la source Huayan ; au nord, le temple Huayan — effondré. Cinq li au nord, le village des Vieillards, où Zhang Zhong des Jin vécut en reclus. Au sud du pic du Numinique ouvert se trouve le mont du vénérable Lang ; sur le rocher de l’ouest, la pierre du vénérable Lang, ayant la forme d’un vieux moine voûté debout. En s’étendant au sud : la vallée des Neuf courbes, le fort du vénérable Lang, la source du vénérable Lang, la pierre du vénérable Lang. Au sud-ouest : le sommet du Tathagata, le rocher de la Joie vive, la crête de l’Éléphant couché. Plus au sud, le mont de la Perle. Plus à l’est, deux pics jumeaux ronds et singuliers, vulgairement appelés monts des Meules d’est et d’ouest.
长城铺北为中川,上有神宝寺,北魏正光初,侩法定创建,今废。有断碑篆额曰大唐齐州神宝寺之碑。开元廿四年十月,口子襄篹,兼八分书。碑侧行书心经,最古残缺,书人姓名。
Au nord du relais de la Grande Muraille se trouve la plaine centrale, où se dresse le temple Shenbao, créé au début de l’ère Zhengguang des Wei du Nord par le moine Fading — aujourd’hui à l’abandon. Il y a une stèle brisée dont le fronton sigillaire dit « Stèle du temple Shenbao de la préfecture de Qi du Grand Tang ». Au dixième mois de la vingt-quatrième année de l’ère Kaiyuan, […] Zixiang la compila et l’écrivit aussi en écriture aux huit parts. Le flanc de la stèle porte le Sutra du Cœur en écriture courante, très ancien, fragmentaire, sans les noms de ceux qui l’écrivirent.
Qiu Gu Lu (Recherches sur l’Antiquité)
右石刻大小不一,凡十三通,俱在灵岩寺。其它刻宋时者,则有田积五言诗。嘉祐五年王逵千佛殿记。元丰庚申李公颜金像记,元祐壬申卞育游山记。大观戊子郭思游山记。大观三年,住持仁钦篆书。心经大观四年仁钦。生老病死苦颂仁钦十二时歌,仁钦灵岩十二景诗,政和元年净熙和尚诫文,政和五年札付。政和乙未赵子明题名,靖康元年高直臣题名。而蔡卞经碑四幅,前元符二年十二月十三日书,后建中靖国元年十一月五日书,在御书楼下,特为书家所珍。又有面壁像碑,宋建中靖国元年陈师道记,金皇统七年重立。金时者,则有皇统七年云公禅师像,正隆丙子张汝为题名,大定戊戌萧守中题名。明昌六年本寺田园记,明昌七年党怀英灵岩寺记。元时者则有蛇儿年大元国师法旨碑蒙古字,至元龙儿年帝师法旨碑,蒙古字。大德六年天童觉和尚默照铭,至正四年察罕普华碑书。唵嘛呢巴弥吼一行,汉字一行蒙古字。凡元碑最多,不尽录善。其稍异者,有至治元年忽都虎郡王太夫人八达氏诗只二句曰岩前松桧时丶绿,殿上君王岁春大字刻之。六不颜妇人笔也。又有宋苏子由五言验,为后人补刻,而复有子瞻徐州一歌,误刻于此。其诗各见集中,不录。后之君子,知予之所取者,非以二氏之狂澜,拾国朝之落艳,而情深好古,意在阐幽,自有不能己者。且因以览世道之污隆,考文辞之醇杂,亦岂不为学人之一助哉?
Ces inscriptions lapidaires, de tailles diverses, sont en tout treize pièces, toutes au temple Lingyan. Parmi les autres gravures du temps des Song, il y a le poème pentasyllabique de Tian Ji ; la chronique de la Salle des Mille Bouddhas de Wang Kui, cinquième année de l’ère Jiayou ; la chronique de l’image d’or de Li Gongyan, année gengshen de l’ère Yuanfeng ; la chronique de la visite de la montagne de Bian Yu, année renshen de l’ère Yuanyou ; la chronique de la visite de la montagne de Guo Si, année wuzi de l’ère Daguan ; une écriture sigillaire de l’abbé Renqin, troisième année de l’ère Daguan ; le Sutra du Cœur, de Renqin, quatrième année de l’ère Daguan ; l’éloge des souffrances de la naissance, de la vieillesse, de la maladie et de la mort ; le chant des douze heures de Renqin ; les poèmes des douze sites du Lingyan de Renqin ; le texte d’exhortation du moine Jingxi, première année de l’ère Zhenghe ; un document officiel, cinquième année de l’ère Zhenghe ; l’inscription nominative de Zhao Ziming, année yiwei de l’ère Zhenghe ; l’inscription nominative de Gao Zhichen, première année de l’ère Jingkang. Et les quatre panneaux de la stèle du sutra de Cai Bian — les premiers écrits le treizième jour du douzième mois de la deuxième année de l’ère Yuanfu, les derniers le cinquième jour du onzième mois de la première année de l’ère Jianzhong Jingguo —, situés sous le pavillon de l’Écriture impériale, sont particulièrement précieux aux calligraphes. Il y a aussi la stèle de l’image du moine face au mur : chronique de Chen Shidao, première année de l’ère Jianzhong Jingguo des Song, redressée en la septième année de l’ère Huangtong des Jin. Du temps des Jin, il y a : le portrait du maître chan Yun, septième année de l’ère Huangtong ; l’inscription nominative de Zhang Ruwei, année bingzi de l’ère Zhenglong ; l’inscription nominative de Xiao Shouzhong, année wuxu de l’ère Dading ; la chronique des terres et jardins de ce monastère, sixième année de l’ère Mingchang ; la chronique du temple Lingyan de Dang Huaiying, septième année de l’ère Mingchang. Du temps des Yuan, il y a : la stèle du rescrit du Précepteur d’État du Grand Yuan de l’année du Serpent, en écriture mongole ; la stèle du rescrit du Précepteur impérial de l’année du Dragon de l’ère Zhiyuan, en écriture mongole ; l’inscription de la méditation silencieuse du moine Jue de Tiantong, sixième année de l’ère Dade ; la stèle de Chaghan Buqa, quatrième année de l’ère Zhizheng ; une ligne « om mani padme hum », une ligne de caractères han et une ligne d’écriture mongole. Les stèles des Yuan sont les plus nombreuses ; je ne les consigne pas toutes. Parmi les un peu singulières, il y a le poème de Madame Bada, grande dame du prince de la commanderie Quduhu, première année de l’ère Zhizhi, de deux vers seulement : « Devant le rocher, pins et cyprès sont verts à toute saison ; sur la salle, le souverain […] chaque printemps », gravé en grands caractères — […] ce n’est pas l’écriture d’une femme. Il y a aussi un poème pentasyllabique de Su Ziyou des Song, gravé en complément par des gens postérieurs, et de plus un chant de Xuzhou de Zizhan, gravé ici par erreur. Ces poèmes se trouvent chacun dans leurs recueils ; je ne les consigne pas. Que l’homme de bien des temps futurs sache que ce que j’ai choisi de retenir ne vient ni du flot déchaîné des deux doctrines, ni de la cueillette des fleurs fanées de notre dynastie, mais que, profondément épris de l’Antiquité et voulant mettre en lumière ce qui est caché, il y avait en moi quelque chose qui ne pouvait s’arrêter. Et par là contempler les déclins et les élévations des mœurs du siècle, examiner la pureté et le mélange des formes de langage — n’est-ce pas aussi une aide pour celui qui étudie ?
Photographies anciennes
Estampages de stèles
Le septième volume du Shina Bunka Shiseki (Vestiges historiques de la culture chinoise), dirigé par Tokiwa Daijo et Sekino Tadashi, conserve les estampages de la « Chronique de la construction projetée du Dépôt du Dragon au temple chan Lingyan », du revers de la « Chronique des terres et jardins du temple chan Lingyan des Dix Directions », de la « Stèle du rescrit du Précepteur d’État du Grand Yuan » et de la « Chronique du temple Lingyan des Dix Directions ». Parmi eux, « Chronique de la construction projetée du Dépôt du Dragon au temple chan Lingyan » est le titre de la planche ; le titre en tête du texte de la stèle est « Chronique de la fondation du Dépôt du Dragon au temple chan Lingyan du mont Tai sous le Grand Yuan ».




1906-1909
Le chercheur allemand en architecture Ernst Boerschmann photographia le temple Lingyan et le mont Fang au cours de son enquête en Chine de 1906 à 1909. Ces photographies parurent ensuite dans Baukunst und Landschaft in China et Pagoden ; elles conservent des vues d’ensemble du monastère, des statues d’arhats de la Salle des Mille Bouddhas, de la forêt de pagodes funéraires, de la vallée du mont Fang et de la pagode Pizhi.






Première moitié du XXe siècle
Le septième volume du Shina Bunka Shiseki (Vestiges historiques de la culture chinoise), dirigé par Tokiwa Daijo et Sekino Tadashi, conserve des photographies prises sur place du temple Lingyan, de la pagode Pizhi, de la Salle des Mille Bouddhas, de la pagode Fading, de la pagode Huichong et des pagodes funéraires des abbés successifs.





